La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Avril 2019

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Dans un contexte de politique internationale toujours tendue, les marchés financiers ont profité de quelques bonnes surprises provenant  des indicateurs  macroéconomiques  mais aussi des publications de résultats des sociétés pour prolonger la tendance euphorique du premier trimestre. Sur le front de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les négociations se sont poursuivies non sans heurts, l’objectif étant de parvenir à un accord courant mai. Du côté du Royaume-Uni, qui a obtenu une « extension flexible » du Brexit jusqu’au 31 octobre 2019, les britanniques sont de ce fait tenus de participer au scrutin des élections européennes du 23 mai, ce qui n’est pas provoquer de nouvelles crispations de politique intérieure. Enfin, le regain des tensions entre l’Iran et les États-Unis s’est traduit par une poursuite de la hausse des prix du pétrole, le Brent ayant ce mois-ci atteint 74 $ le baril après l’annonce de la fin des exemptions américaines sur les importations de brut iranien.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En zone euro, la croissance a également rebondi au premier trimestre,  à +0,4% contre +0,2% précédemment,  portée par la robustesse de la production industrielle, des ventes au détail et du secteur du bâtiment. On notera que l’Italie est sortie de sa récession technique de la fin 2018  (+0.1% après -0.1%) tandis que la croissance en France est restée solide à +0.3%. Les enquêtes de confiance montrent néanmoins une nouvelle contraction du sentiment peu favorable à une nouvelle accélération de la croissance. En particulier,  l’indice de confiance économique de la Commission européenne a poursuivi son repli en avril à 104.0 et la confiance des ménages a de nouveau reculé à -7.9 dans la zone euro. Par ailleurs, l’inflation sous-jacente a bondi à 1,2% après 0,8% en mars, mais cela s’explique principalement par des éléments techniques liés aux vacances de Pâques. Aussi, la BCE n’a pas modifié sa politique monétaire en avril mais envisage une discussion sur le caractère défavorable des taux d’intérêts négatifs, tout en reconnaissant que l’économie avait marqué le pas et en réitérant qu’elle était prête à ajuster tous ses instruments de politique monétaire, si nécessaire, pour atteindre son objectif. Sur le front politique, tandis que l’Union Européenne et le gouvernement britannique se sont entendus sur une nouvelle date du Brexit reportée au 31 octobre au plus tard, les élections espagnoles ont abouti  à la nécessité d’une coalition autour du PSOE arrivé en tête. Compte tenu des difficultés prévisibles pour les socialistes espagnols de trouver les partenaires nécessaires pour former cette coalition, Il faut s’attendre à une longue période de négociations et d’instabilité politique en Espagne.

  • États-Unis

Aux États-Unis, les données macroéconomiques décrivent une situation contrastée mais globalement robuste. La publication du PIB pour le premier trimestre a surpris à la hausse, avec une progression de 3,2% contre +2,2% le trimestre précédent, mais la consommation des ménages n’y a contribué que très faiblement. Le marché de l’emploi est resté très robuste avec une création mensuelle  moyenne de 169 000 postes sur les trois derniers mois (les chiffres de janvier et février ayant été révisés à la hausse) et un taux de chômage stable à 3.8%. Si les enquêtes de confiance consolident à des niveaux plus faibles, elles demeurent néanmoins au-dessus de leur moyenne de long terme. Enfin, l’inflation sous-jacente a légèrement ralenti (1,6% en mars après 1,7% en février, à la faveur principalement du recul des prix de l’habillement) mais sans inquiéter les membres de la Réserve Fédérale qui y voient surtout des facteurs temporaires. Sur le front politique, les négociations commerciales sino-américaines se sont donc poursuivies avec une perspective de dénouement en mai mais l’incertitude persiste et c’est vraisemblablement la réticence de Pékin à ouvrir son marché aux entreprises technologiques américaines qui a provoqué ce report de la signature de l’accord.

  • Asie

Enfin en Asie, l’heure est à la stabilisation de la croissance en Chine, avec un indice PMI manufacturier repassé au-dessus de la barre des 50, à 50.5, première amélioration réelle depuis près d’un an et une croissance du  PIB réel stabilisée à +6.4% au premier trimestre, supérieur aux anticipations du marché (6.3%).

Au Japon, selon la dernière enquête « Tankan », le moral des chefs d’entreprise a pâti des incertitudes entourant l’économie mondiale depuis la fin de l’année dernière. Il reste néanmoins solide par rapport aux précédents épisodes d’incertitude économique au niveau international et la Banque du Japon a une fois encore maintenu son cadre actuel d’assouplissement monétaire lors de sa réunion de politique monétaire du mois d’avril.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Sur le mois d’avril, les marchés actions ont poursuivi le rebond entamé en janvier et, fait relativement rare, surtout après un rebond de plus de 10% des marchés, tous les indices pays se sont inscrits en hausse, avec une performance comprise entre +7.1% (indice DAX en Allemagne) et +1.9% (indice Footsie au Royaume Uni). Le retour de l’appétit pour les actifs risqués et la rotation sectorielle vers les secteurs plus cycliques sont intervenus à la faveur du triple effet du report du Brexit, de la publication de chiffres de production industrielle plus forts et de l’avancée apparente des négociations commerciales entre la Chine et les US. Par ailleurs, la saison de publication des chiffres d’affaires et des résultats trimestriels a battu son plein avec quelques bonnes surprises et assez peu de déceptions compte-tenu d’attentes modestes. Au final, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes s’adjuge une nouvelle hausse de plus de 3% (+3.17% après +3.35% en mars), portant la performance annuelle à +17.55% sur quatre mois, un niveau atteint une seule fois seulement sur la dernière décennie (en 2015).

Compte tenu du mouvement de rotation sectorielle évoqué plus haut, les plus fortes progressions ont concerné les secteurs de l’automobile, de la technologie et les valeurs industrielles (de 7ù à 9% de hausse). On notera également un vif rebond des banques (jusqu’alors en chute libre depuis le  début de l’année), avec une hausse de 7.5% en avril. Conséquence logique du recul de l’aversion au risque, les secteurs défensifs ont été délaissés en avril, avec des baisses de -0.3% à -1.9% pour les services aux collectivités, les télécom et les valeurs pharmaceutiques.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 avril 2019

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice CAC40 + 4.41 % + 18.09 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 3.17 % + 17.55 %
Indice Dow Jones (en $) + 2.56 % + 14.00 %
Indice Nikkei (en Yen) + 4.97 % + 11.21 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

En avril, les marchés obligataires ont consolidé après la progression du mois précédent. Sur la première quinzaine du mois, les taux longs européens ont tenté une timide remontée dans le sillage des taux américains, à la faveur de l’amélioration des chiffres de croissance. Sur la seconde partie du mois, ce mouvement de rebond des taux longs a cependant fait long feu, à la faveur du regain d’incertitude politique ainsi que des discours toujours prudents des banques centrales quant à leur processus de resserrement de politique monétaire.

Au terme du mois d’avril,  le taux de référence à 10 ans de la zone euro parvient tout juste à rester en territoire positif, a +0.01% contre -0.07% fin mars. A l’exception des maturités les plus courtes de la courbe,  la performance des emprunts d’état européens est encore légèrement positive en avril.  Seules les obligations de type crédit parviennent à tirer leur épingle du jeu, grâce une fois encore à la forte hausse des sous-jacents actions et creusent de nouveau l’écart de performance avec les emprunts d’états de maturité équivalente (+2.73% contre +0.88%).

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 avril 2019

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.02 % + 0.11 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.05 % + 0.85 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.11 % + 1.99 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.60 % + 2.73 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.12 % (taux sans risque)
Mis à jour le 13 mai 2019