La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Janvier 2019

Imprimer Diminuer la taille de la police Agrandir la taille de la police

Après la descente aux Enfers de la fin 2018, l’année 2019 a débuté sous de meilleurs auspices pour les marchés financiers. Entre le verre à moitié vide (le différend commercial sino américain n’est toujours pas résolu, l’accord sur le Brexit pas signé et la mise au pain sec de l’administration américaine a battu un record de durée)  et le verre à moitié plein (toutes les parties en présences poursuivent activement les négociations, une issue positive reste probable), les marchés ont finalement opté en janvier pour une attitude optimiste, après un début de mois encore bien chaotique.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En zone Euro, l’activité montre des signes de fléchissement, avec une première estimation de la croissance du PIB à 0.2% seulement au quatrième trimestre 2018, portée principalement par l’Espagne et par la France (0.7% et 0.3%). En Allemagne, une récession technique a été évitée de justesse mais le secteur industriel reste morose, sous l’effet du ralentissement de la demande extérieure et des commandes enregistrées par les usines. De son côté, l’Italie n’a pas pu échapper à une récession technique au second semestre 2018    (-0.3%). Par ailleurs, les estimations des indicateurs avancés PMI pour la zone euro dans son ensemble se sont inscrites nettement en deçà des attentes, l’indice composite s’établissant à 50.7, bien en dessous de sa moyenne historique.  En revanche, le taux de chômage de la zone euro a baissé à 7.9% en novembre, le chiffre le plus bas de la décennie. Lors de la réunion de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi a semblé relativement optimiste sur les perspectives tout en admettant un accroissement des risques pesant sur la croissance et aucune modification de la  politique monétaire n’a été évoquée lors de cette première réunion de l’année. Enfin au Royaume-Uni, la pagaille du Brexit continue. Une série d’amendements adoptés au parlement britannique a contribué à modifier le rapport de force entre le gouvernement et les députés.  Lors du premier vote, le 15 janvier, l’accord sur le projet négocié par Theresa May a été massivement rejeté.  Elle est revenue le 29 janvier vers le parlement avec un plan B, qui pour l’essentiel, n’était guère différent du plan A et a logiquement connu le même sort. À ce jour, la situation reste donc bloquée, la pierre d’achoppement entre l’Union Européenne et le Royaume Uni demeurant la clause de sauvegarde concernant la frontière entre les deux Irlande, inacceptable pour les britanniques et incontournable pour les négociateurs de Bruxelles. 

  • États-Unis

Aux États-Unis, la fermeture partielle de l’administration fédérale a temporairement pris fin au bout de 35 jours, le plus long « shutdown » de l’histoire américaine, avec un accord budgétaire  (qui n’inclut pas le financement du mur à la frontière mexicaine) assurant le financement des services fédéraux jusqu’au 15 février. Par ailleurs, les négociations commerciales avec le gouvernent chinois se sont poursuivies et des progrès semblent avoir été faits sur l’augmentation des achats de produits américains par la Chine. Cependant, aucune avancée n’a été réalisée sur les droits de propriété intellectuelle. A un peu plus d’un mois de la date butoir du 1er mars (au-delà de laquelle, à défaut d’accord, les tarifs douaniers appliqués à 200 milliards d’importations chinoises seront portés de 10% à 25%), une nouvelle série de pourparlers a été engagée le 30 janvier. En raison de la fermeture partielle de l’administration, de nombreuses publications de données ont été reportées mais les statistiques du marché de l’emploi sont ressorties bien au-delà des attentes avec 312 000 postes créés en décembre tandis que les deux mois précédents ont été révisés à la hausse. Par ailleurs, le salaire horaire moyen a progressé de 0.4%, portant le taux annuel à un nouveau plus haut du cycle de 3.2%. Cependant, l’indicateur avancé ISM manufacturier s’est effondré à 54.1 en décembre (contre 59.3 auparavant) et la composante non manufacturière a également chuté de 1.4 point à 57.6. Lors de sa réunion de janvier, la Réserve Fédérale a tenu un discours bien plus accommodant que prévu, précisant dans son communiqué qu’elle saurait se montrer « patiente ». L’allusion à de  nouveaux relèvements progressifs des taux  a d’autre part été supprimée.

  • Asie

En Asie, la Chine a publié son plus faible taux de croissance depuis la crise financière mondiale de 2008, avec une croissance du PIB réel à 6.4%. L’amélioration de l’investissement en infrastructures n’a pas permis de compenser le fléchissement enregistré dans l’immobilier, les exportations et les dépenses de consommation. De plus, le ralentissement ne s’est pas limité à l’industrie manufacturière et s’est également propagé au secteur des services. La Banque Centrale chinoise a annoncé une nouvelle étape d’assouplissement monétaire au cours de la première semaine de 2019 : la baisse de 100 points de base du ratio de réserves obligatoires pour toutes les banques ainsi que de nouvelles mesures ciblées d’injection de liquidités. Enfin au Japon, le Conseil de politique monétaire de la Banque Centrale a maintenu son cadre actuel de détente monétaire lors de sa réunion du mois de janvier. L’Institution a néanmoins révisé à la baisse ses prévisions d’inflation pour les exercices 2019 et 2020 à 0.9% et 1.4% respectivement, tout en maintenant sa solide évaluation de la situation actuelle de l’économie japonaise et de ses perspectives de croissance. 

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Après une fin d’année 2018 douloureuse pour les marchés, les premiers jours du mois de janvier ont bien mal démarré avec de mauvais résultats publiés par Apple, qui a perdu près de 10% le 3 janvier, entraînant dans la baisse la plupart des bourses mondiales. Sur la suite du mois, les marchés d’actions se sont  redressés dans la perspective d’une normalisation des relations sino-américaines et avec l’arrêt du « shutdown » américain. Les matières premières ont également repris le chemin de la hausse et le pétrole a rebondi de 20%, en partie pour des raisons techniques après une chute de -40% entre octobre et décembre 2018. En fin de mois, les propos accommodants de la Réserve Fédérale américaine, laissant entendre une pause dans la hausse des taux d’intérêts, ont même provoqué une accélération de ce mouvement haussier. Dans cet accès d’euphorie, la bourse américaine a enregistré la plus forte progression mais aucun marché ne s’est vu exclu de la fête et l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes termine le mois en hausse de 4.97%, pénalisé par une performance des valeurs britanniques de 3.58% seulement quand les marchés d’actions de la zone euro affichent des performances comprises entre 5.5% et plus de 7%.

Avec le recul de l’aversion au risque,  les secteurs les plus massacrés fin 2018 ont connu la meilleure performance en janvier. Ainsi, les produits de base, l’automobile, la distribution non alimentaire et les valeurs industrielles ont progressé de 8% à 12.5%. En revanche, les secteurs défensifs comme la pharmacie (+3.6%) et les télécom (-2.4%), largement plébiscités en fin d’année, se sont révélés très décevants.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 janvier 2019

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice CAC40 + 5.54 % + 5.54 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 4.97 % + 4.97 %
Indice Dow Jones (en $) + 7.17 % + 7.17 %
Indice Nikkei (en Yen) + 3.79 % + 3.79 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

A l’instar des marchés d’actions, les placements obligataires réalisent un très bon début d’année après un exercice 2018 bien terne. Le début du mois a néanmoins été relativement heurté, avec tout d’abord une forte baisse des taux en réaction au mauvais départ des marchés d’actions, puis une rapide remontée au-delà des niveaux de fin 2018, le retournement à la hausse des actions s’étant traduit, de manière habituelle, par des arbitrages en défaveur des placements obligataires.

Sur la fin du mois, le changement de ton de la Réserve Fédérale Américaine, laissant envisager une pause dans le processus de remontée des taux aux États-Unis, s’est traduit par un recul sensible des taux sur l’ensemble des échéances de la courbe européenne, dans le sillage de la baisse des taux américains. Ainsi le taux à 10 ans européen s’inscrit à 0.16% fin janvier contre 0.25% fin décembre 2018, Et les écarts de rendement des pays périphériques de la zone euro se sont sensiblement détendus par rapport au taux central.

De ce fait, les performances des indices obligataires européens sont positives sur l’ensemble des maturités à l’issue de ce premier mois de l’année. Les obligations du secteur privé ont également été très recherchées, conséquence de la bonne tenue des marchés d’actions.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 décembre 2018

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.06 % + 0.06 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.41 % + 0.41 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.90 % + 0.90 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.68 % + 0.68 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.03 % (taux sans risque)
Mis à jour le 8 février 2019