La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Juin 2018

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En juin, la formation d’un nouveau gouvernement en Italie comme en Espagne a ramené le calme sur la scène politique européenne. Les incertitudes persistent néanmoins en Italie : le gouvernement ne dispose en effet que d’une courte majorité au parlement et les deux formations de la coalition divergent sur de nombreux points. Sur le plan géopolitique, on retiendra la réunion en Corée du nord entre Donald Trump et Kim Jong-Un,  ainsi que les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis aux pays européens et à la Chine, qui pourraient mener tout droit à une véritable guerre commerciale. Sur le front de la politique monétaire, la Réserve fédérale américaine a encore relevé ses taux de 25 points de base, tandis que la Banque d’Angleterre a conservé le statu quo et que la Banque Centrale Européenne a annoncé la fin de l’assouplissement quantitatif pour décembre 2018. 

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, le calme semble être revenu sur la scène politique italienne, la coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord étant parvenue le 1er juin, à former un gouvernement. Celui-ci ne s’appuie toutefois que  sur une courte majorité au Parlement et les opinions des deux formations sont très éloignées les unes des autres sur de nombreux sujets, comme le budget et dans un certaine mesure l’immigration. Le manque de visibilité sur le budget est notamment une question à haut risque, qui conduira probablement, en l’absence d’accord, à de nouvelles élections en 2019. En Espagne la situation s’améliore avec la constitution d’un nouveau gouvernement, cependant celui-ci repose aussi sur une base parlementaire faible.  Les indicateurs avancés PMI pour le mois de juin ont donné des signes de stabilisation dans la zone euro. Même si on observe un repli de l’indicateur manufacturier, notamment en Allemagne, avec une nette diminution des commandes à l’export due aux incertitudes liées à la montée du protectionnisme, la confiance reste solide dans le secteur manufacturier par rapport à celui des services. La Banque Centrale européenne a, au mois de juin, annoncé la fin de son programme d’assouplissement quantitatif pour le mois de décembre 2018, le premier relèvement des taux directeurs étant envisagé après l’été 2019. 

  • États-Unis

Aux États-Unis, les données macroéconomiques restent compatibles avec une croissance solide, en témoigne notamment la poursuite du rebond des créations d’emploi (223 000 postés en mai),  essentiellement due à un redressement des embauches dans le secteur du bâtiment. Lors de sa réunion de juin, la Réserve fédérale a relevé de 25 points, comme prévu, la fourchette cible de ses taux directeurs à 1.75%-2.00%. Elle a par ailleurs apporté certaines modifications à son communiqué, laissant penser qu’elle est désormais plus confiante sur le front de l’inflation, estimant que celle-ci est proche de l’objectif si elle ne l’a déjà atteint. Avec les événements du mois dernier, le risque d’une véritable guerre commerciale s’est renforcé. Les États-Unis ont instauré des droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance d’Europe, du Japon et du Canada, ceux-ci ne bénéficiant plus de l’exonération qui leur était jusque-là accordée. Le Président américain a également annoncé l’imposition de tarifs douaniers sur 34 Md$ d’importations industrielles chinoises, avec effet au 6 juillet ; une deuxième tranche d’importations, d’une valeur de 16 Md$ sera taxée au cours de l’été. Suite aux menaces de représailles agitées par la Chine, Donald Trump a ordonné au représentant américain au commerce de proposer une taxe de 10% sur une nouvelle liste de produits chinois d’une valeur de 200 Md$ et sur 200 Md$ supplémentaires en cas de persistance des mesures de rétorsion chinoises. Autre événement politique : la rencontre du 12 juin en Corée du Nord entre Donald Trump et Kim Jong Un au cours de laquelle les deux chefs d’État ont promis un « avenir nouveau » mais sans préciser en quoi consisteraient les nouvelles étapes vers la dénucléarisation.

  • Asie

L’économie chinoise a finalement marqué le pas et l’assouplissement de la politique monétaire ne s’est pas fait attendre, avec la baisse de 50 points du ratio de fonds propres réglementaires, marquant une nouvelle étape vers une politique monétaire plus accommodante. Enfin au Japon, la Banque Centrale a conservé le statu quo lors de sa réunion de politique monétaire du mois de juin, dans un contexte de dynamique favorable de la croissance sous-jacente.  

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Les marchés d’actions ont connu une performance en deux temps sur le mois de juin, avec une phase de rebond au cours de la première quinzaine du mois, une fois la crise politique italienne digérée, suivie d’une lourde rechute avec les craintes d’une guerre commerciale mondiale.  Si l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes n’affiche en fin d’un mois qu’un recul somme toute modéré de 0.21 %, les places de la zone euro  subissent une baisse sensiblement plus sévère. En effet, la baisse de l’indice européen est limitée par la très bonne résistance des valeurs suisses (+ 1.80 % sur le mois), relativement épargnées par les mesures de rétorsion de Donald Trump, alors que les valeurs françaises et allemandes, particulièrement concernées  par cette guerre commerciale, abandonnent 1.44 % et 2.37 % respectivement. Sur le plan sectoriel, les valeurs les plus exposées aux nouvelles taxes de l’Administration Américaine subissent les pertes les plus importantes. Ainsi, le secteur automobile enregistre la plus forte baisse mensuelle (- 9.6 %), suivi par les produits de base, le transport loisir et la construction (de - 3 % à - 4 %). Quelques secteurs liés à des thématiques particulières parviennent cependant à dégager une performance positive en juin. C’est notamment le cas des valeurs pétrolières (+ 0.3 %) soutenues par un cours du brut supérieur à 75$ le baril, mais surtout des secteurs à forte dominante domestique, dont la majeure partie de l’activité se trouve épargnée par les taxes à l’exportation (distribution, services aux collectivités, agroalimentaire), avec des hausse de cours de 1 % à 2 % à fin juin.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 juin 2018

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2017
Indice CAC40 - 1.39 % + 0.21 %
Indice Stoxx 50 (Europe) - 0.21 % - 4.24 %
Indice Dow Jones (en $) - 0.59 % - 1.81 %
Indice Nikkei (en Yen) + 0.46 % - 2.00 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, le retour au calme de la situation politique en Italie s’est rapidement traduit par un resserrement de l’écart de rendement avec la dette allemande (238 points fin juin contre un maximum de 282 points au plus fort de la crise le 29 mai).
Sur le plan des devises, la remontée de l’euro contre dollar au cours de la première quinzaine du mois dans le contexte d’apaisement des tensions politiques en Europe, a rapidement fait long feu à la suite de la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis. Fin juin, la devise européenne reste proche de ses plus bas niveaux annuels contre le dollar,  à 1.17 dollar pour 1 euro. Avec le retour de l’aversion au risque sur les marchés d’actions, le  taux de référence européen à 10 ans termine le mois proche de ses niveaux de fin mai, à 0.31 % contre 0.34 %, après être remonté au-delà du niveau de 0.50 % au cours de la première quinzaine de juin. Dans ce contexte de stabilité des taux centraux, le resserrement sensible des rendements sur les pays périphériques se traduit en juin par un rebond des indices des emprunts d’états de la zone Euro sur l’ensemble des maturités, toutes les échéances demeurant néanmoins en performance négative depuis le début de l’année.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 juin 2018

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2017
Indice BOFA 1/3 ans  + 0.33 % - 0.32 % (emprunts d’État)
Indice BOFA 3/5 ans  + 0.64 % - 0.34 % (emprunts d’État)
Indice BOFA 5/7 ans + 0.89 % - 0.30 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans  + 0.04 % - 0.22 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.18 % (taux sans risque)
Mis à jour le 2 juillet 2018