La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Juillet 2018

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Les tensions commerciales ont occupé le devant de la scène en juillet, les États-Unis ayant annoncé l’application de nouveaux droits de douane aux produits chinois et européens. D’autres évènements de nature politique ont également retenu l’attention des marchés au cours du mois de juillet, comme la polémique qui a suivi le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine ou la publication du « livre blanc » des propositions du Royaume-Uni sur le Brexit et son rejet par l’Union Européenne. Du coté des données économiques, le fléchissement observé au premier semestre a été très probablement temporaire, comme en témoigne le redressement des enquêtes auprès des entreprises aux États-Unis, en Europe et au Japon. À l’inverse, les statistiques Chinoises, probablement déjà impactées par la guerre commerciale avec les États Unis, annoncent un nouveau ralentissement à venir. 

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, comme attendu, la Banque Centrale Européenne a maintenu ses taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion de juillet et a confirmé que son programme d’assouplissement quantitatif prendrait fin en décembre 2018. Selon Mario Draghi, en dépit des incertitudes liées à l’environnement commercial, l’économie de la zone euro poursuit sa trajectoire de croissance solide, comme le montrent les données récentes. Après l’arrêt du programme à la fin de l’année, les taux d’intérêt devraient être maintenus à leur niveau actuel au moins jusqu’à l’été 2019. Du côté des données économiques publiées, les indicateurs avancés PMI pour la zone euro ont donné des signes de stabilisation en juillet, l’indice PMI composite ressortant à 54.3, soit, une croissance de 0.45% en glissement trimestriel. Parmi les autres données positives, on retrouve la croissance du crédit pour le mois de juin, avec notamment une hausse de 3.7% des prêts au secteur privé. Quelques indicateurs ont cependant déçu, comme la croissance du PIB en France à 0.2% seulement au deuxième trimestre raison d’un ralentissement de la croissance de la consommation. Sur le front politique, le gouvernement britannique a publié son Livre Blanc sur la future relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne après le Brexit, ce qui a provoqué la démission de David Davis, ministre en charge du Brexit, et de Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, sans toutefois convaincre les négociateurs de l’Union européennes. 

  • États-Unis

Aux États-Unis, les chiffres publiés en juillet témoignent de la robustesse de l’économie américaine : les indices ISM manufacturier et non-manufacturier ont de nouveau rebondi,  les emplois non agricoles ont progressé de 213 000 postes et la croissance du PIB au deuxième trimestre a grimpé de 4,1% en glissement trimestriel annualisé. L’inflation totale comme l’inflation sous-jacente, ont évolué à la hausse, à 2.9% et 2.3% respectivement, cette progression étant toutefois due à un effet de base et au coût du logement. Les fondamentaux sous-jacents (notamment les salaires) annoncent toutefois un rythme d’inflation plus  modéré à terme. La politique et les négociations commerciales, en particulier, ont de nouveau fait la Une au mois de juillet. La première tranche de tarifs douaniers frappant 34 Mds de dollars d’importations industrielles chinoises a pris effet et une deuxième vague de surtaxes devrait intervenir plus tard dans l’été. Ainsi, le 17 juillet, le représentant américain au commerce a publié une liste détaillée de produits chinois d’une valeur de 200 Mds qui seraient soumis à une taxe de 10%. Après avoir menacé d’imposer des droits de douane sur les automobiles européennes, le Président américain, a accepté de collaborer avec l’Union Européenne à l’abaissement des barrières douanières sur tous les produits à l’exception des automobiles, aucune mesure concrète n’ayant cependant été annoncée. Enfin, le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Helsinki a donné lieu à une forte polémique aux États-Unis comme ailleurs. Il convient de noter, en outre, les critiques de Donald Trump à l’égard de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, fait quasiment sans précédent pour un président américain. De fait, le dernier rapport du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale n’a guère apporté d’informations nouvelles. La plupart des membres du Comité semblent considérer que l’économie est « en très bonne santé » et que l’inflation se situe dans la fourchette cible, impliquant une politique monétaire plus restrictive au cours de l’année prochaine. Le rapport  souligne par ailleurs que le renforcement de l’incertitude entourant la politique commerciale pourrait avoir un impact négatif sur la confiance et sur les dépenses d’investissement. 

  • Asie

En Chine, les données publiées  ont été, dans l’ensemble, conformes aux anticipations : le PIB s’est légèrement tassé et de toute évidence, les mesures de rétorsion commerciale décidées par les États Unis devraient peser sur la croissance future. De ce fait, les autorités sont désormais partagées entre le soutien à la croissance et la réforme relative au désendettement. Depuis le début du mois de juillet, le gouvernement chinois a clairement opté pour une orientation plus accommodante de la politique monétaire et la Banque centrale chinoise a procédé à une détente de fait en réduisant le coût de financement pour les banques.  Au Japon, la banque centrale a maintenu son cadre actuel de politique d’assouplissement monétaire mais elle a revu à la baisse son évaluation de l’inflation qui reste modérée et inférieure à l’objectif de 2%. Cependant, les conditions d’un rebond restent réunies, l’enquête  « Tankan » pour le deuxième trimestre ayant confirmé que la confiance des chefs d’entreprise restait soutenue et que le fléchissement de la croissance du PIB au premier trimestre (-0.2%) était temporaire. 

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

En dépit du vacarme politique, les places financières ont retrouvé un certain appétit pour le risque au mois de juillet, les marchés d’actions internationaux ayant bien performé, en particulier aux États-Unis et dans la Zone Euro. Dans un contexte de relative stabilité sur le front des devises et des matières premières, les intervenants se sont focalisés sur les éléments macro et micro économiques qui sont demeurés de bonne facture. En particulier, les publications de résultats du deuxième trimestre, très nombreuses au mois de juillet, ont été pour la plupart conformes voire supérieures aux attentes du marché, les perspectives évoquées par les entreprises à cette occasion demeurant largement optimistes pour l’ensemble de l’année 2018. Sur le mois, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes progresse de plus de 4%, la hausse étant relativement homogène sur l’ensemble des places européennes.  Sur le plan sectoriel, les valeurs pharmaceutiques affichent la plus forte progression (+6.3%) portées par de très bonnes publications de résultats après plusieurs trimestres décevants. Parmi les plus fortes hausses, on trouve également les secteurs de la banque et de l’assurance, à la faveur de la remontée des rendements obligataires, ainsi que le secteur de l’automobile dont les publications de résultats ont surpris à la hausse pour presque tous les constructeurs. En revanche, les secteurs dont les résultats ont majoritairement déçu sous-performent sensiblement l’indice avec une progression ne dépassant pas 1%, à l’image des valeurs technologiques, le transport-loisir et la distribution. Seul secteur en performance négative (-1.6%), les mines et métaux affichent la plus forte sous performance mensuelle en réponse aux taxes américaines imposées sur les importations d’acier (25%) et d’aluminium (10%) depuis début juin.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 juillet 2018

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2017
Indice CAC40 + 3.53 % + 3.74 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 4.02 % - 0.40 %
Indice Dow Jones (en $) + 4.71 % + 2.82 %
Indice Nikkei (en Yen) + 1.12 % - 0.93 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

En juillet, les marchés obligataires sont restés partagés entre, d’une part les données macroéconomiques satisfaisantes et la volonté de maintenir le cap du resserrement progressif de la politique monétaire affichée par les  Banques Centrales (facteur haussier pour les taux d’intérêt), et d’autre part les craintes liées à la guerre commerciale déclarée par Donald Trump à l’ensemble des partenaires commerciaux des États-Unis (facteur baissier)
Au final, les aspects fondamentaux l’ayant emporté sur les craintes politiques, les taux d’intérêt européens se sont tendus sur l’ensemble des échéances de la courbe. En dépit d’une remontée légèrement moindre des rendements des pays périphériques, les indices des emprunts d’états de la Zone Euro reculent donc sur l’ensemble des maturités. Sur le mois, seules les obligations de type crédit, émises par le secteur privé, parviennent à obtenir une performance positive en dépit de la hausse des taux, grâce à la forte progression des sous-jacents actions.

 

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 juillet 2018

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2017
Indice BOFA 1/3 ans  - 0.06 % - 0.38 % (emprunts d’État)
Indice BOFA 3/5 ans  - 0.24 % - 0.58 % (emprunts d’État)
Indice BOFA 5/7 ans - 0.24 % - 0.54 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans  + 0.18 % - 0.04 % (secteur privé)
EONIA - 0.04 % - 0.22 % (taux sans risque)
Mis à jour le 4 septembre 2018