La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Février 2018

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Les inquiétudes politiques qui avaient dominé le mois de janvier, sans pour autant entraver l’enthousiasme des marchés financiers, ont laissé la place en février à des préoccupations plus sérieuses liées aux pressions inflationnistes aux États Unis et à leurs conséquences sur la politique monétaire de la Réserve Fédérale. Ces craintes sur l’inflation américaine ont contribué à la forte hausse des taux à 10 ans aux États Unis et par ricochet en Europe. En parallèle, le recul des marchés d’actions mondiaux qui avait débuté fin janvier s’est poursuivi jusqu’au 9 février, le rebond qui a suivi cette date n’ayant pas permis de récupérer l’ensemble des pertes. Enfin le dollar a légèrement rebondi en février après trois mois de baisse.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, bien que les données publiées traduisent une croissance de l’activité toujours vigoureuse, les enquêtes de confiance auprès des entreprises ont connu un tassement en février, après avoir cependant atteint un plus haut de 12 ans le mois précédent. La croissance des prix est restée une source de préoccupation, avec une inflation sous-jacente stable à 1 % en glissement annuel et une inflation totale qui a poursuivi son repli à 1.2 %, bien loin de l’objectif de 2 % de la Banque Centrale Européenne, en raison d’effets de base négatifs dans l’énergie et l’alimentation. En l’absence d’évolution significative de la conjoncture européenne, les nouvelles concernant la politique monétaire se sont faites rares en février  et le compte rendu de la réunion de la BCE a confirmé que l’Institution juge « prématurée et pas encore justifiée par une confiance accrue » toute modification de son programme d’achats d’actifs.

  • États-Unis

Aux États-Unis, le compte rendu de la réunion du comité de Politique Monétaire de la FED a fait état d’une confiance plus marquée dans les perspectives de croissance économique tout en soulignant une accélération de l’inflation. Du côté des données économiques publiées, on retiendra surtout la croissance des salaires en hausse de 0.3 % sur le mois, qui a atteint son niveau le plus élevé depuis 2009, avec une progression annuelle de 2.9 %.  Par ailleurs, le  rapport sur l’emploi a fait état de créations de postes plus élevées qu’attendu (200 000). Ces tensions manifestes sur le marché du travail, qui ont suscité des craintes d’emballement de l’inflation, se sont traduites par une forte et rapide hausse des taux d’intérêt.  Enfin, la majorité des autres indicateurs publiés en février confirment ces tendances positives, notamment la confiance des ménages, au plus haut depuis près de 10 ans et l’indice ISM non manufacturier, en hausse de près de 4 points à 59.9 en raison des effets attendus de la réforme fiscale votée en début d’année. Dans un tel contexte, le scénario d’une poursuite du resserrement de la politique monétaire de la Banque Centrale reste plus que jamais d’actualité.

  • Asie

En Chine, Le nouvel an lunaire, qui marque en 2018 le début de l’année du Chien, a été célébré le 16 février et la plupart des marchés asiatiques sont demeurés fermés pendant une semaine. Par ailleurs, les statistiques chinoises ont été mitigées en février. Si la croissance des importations  a fortement rebondi, pour atteindre 30.2 % en glissement annuel après un plongeon à 0.9 % en décembre, celle des exportations est restée stable et les chiffres du crédit de janvier dénotent une poursuite du ralentissement de la croissance des prêts.

Sur le plan politique, le comité central du parti communiste chinois a proposé et adopté d’importantes modifications de la Constitution, ouvrant la voie à un renforcement durable du pouvoir présidentiel.                

Enfin au Japon, la croissance de l’économie est restée positive au quatrième trimestre 2017 (+ 0.1 %), soit le huitième trimestre consécutif de croissance, les moteurs en demeurant principalement liés à la demande intérieure, que ce soit la consommation des ménages ou l’investissement des entreprises.  Par ailleurs, le gouvernement a soumis à l’approbation du parlement la reconduction de l’actuel gouverneur à la tête de la Banque du Japon, ce qui augure d’une poursuite de l’assouplissement monétaire actuel tant que l’objectif d’inflation stable à 2 % ne sera pas atteint.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Après un début d’année en fanfare, les marchés d’actions ont brutalement décroché dès les premières séances du mois de février, réagissant au franchissement de seuils jugés critiques sur le taux à 10 ans américain (2.70 %) et sur la parité euro/dollar (1.25), ce  qui a déclenché un vaste mouvement de prises de profit sur des marchés majoritairement à leur meilleur niveau depuis plus de deux ans. Dans un contexte de contagion en Europe de la hausse des taux d’intérêts aux États Unis  et de rebond brutal de la volatilité sur les marchés, les actions européennes ont très rapidement reperdu et au-delà les gain engrangés en janvier, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes s’inscrivant en recul de 6.40 % le 9 février. Malgré un rebond sur la seconde partie du mois, en raison d’une légère amélioration de la situation sur le front taux-dollar-volatilité, l’indice Stoxx50 termine le mois de février en baisse de 4.40 % depuis la fin 2017, particulièrement affecté par le repli des valeurs britanniques (- 5.93 %) et  suisses (- 5.07). Dans un tel environnement,  ainsi que dans un flux dense de publications de résultats, les secteurs sensibles aux taux ont été particulièrement affectés. La poursuite du renforcement de l’euro contre dollar a pesé sur les groupes internationaux, en particulier ceux qui ne peuvent pas facilement remonter leurs prix. Ainsi, les plus fortes baisses sectorielles ont été enregistrées par l’automobile, les services aux collectivités, les biens de consommation, l’agroalimentaire et  les télécom (- 4.8 % à - 6.6 %). Aucun secteur n’a été épargné par la baisse, mais les secteurs bénéficiant de la hausse des taux ou peu endettés ont un peu mieux résisté, à l’image de l’assurance, qui se replie de 1.8 % seulement.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 28 février 2018

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 - 2.94 % + 0.15 %
Indice Stoxx 50 (Europe) - 5.42 % - 4.40 %
Indice Dow Jones (en $) - 4.28 % + 1.25 %
Indice Nikkei (en Yen) - 4.50 % - 3.06 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, après deux mois particulièrement difficiles, les indices des emprunts d’état se sont légèrement redressés, les turbulences sur les marchés d’actions ayant entraîné comme souvent une bascule sur les actifs moins risqués, notamment les emprunts d’état allemands et français qui représentent à eux deux près de la moitié des indices obligataires européens. Pourtant, en début de mois, la brusque remontée des taux à 10 ans américains vers le seuil de 2.90 %, en raison des craintes de dérapage de l’inflation aux États-Unis, s’était instantanément répercutée sur les taux européens, le taux à 10 ans de référence touchant en séance le 8 février un plus haut de deux ans et demi, à 0.80 %. Sur la suite du mois de février, en dépit de la stabilisation des taux américains sur une zone élevée (2.88 %), les arbitrages actions/obligations ont permis une légère détente des taux européens. Ainsi, le taux à 10 ans s’inscrit à + 0.66 % le 28 février contre 0.69 % fin janvier. En dépit d’une modeste remontée, freinée par un nouvel écartement des rendements des pays périphériques à l’approche des élections législatives en Italie,  les placements obligataires affichent des performances encore négatives depuis le début de l’année.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 28 février 2018

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.04 % - 0.05 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.18 % - 0.22 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.18 % - 0.51 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.13 % - 0.03 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.06 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 février 2018