La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Janvier 2018

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Le premier mois de l’année 2018 a été marqué par un contexte politique chargé dans un contexte de croissance mondiale dynamique. Sur le plan politique, une fermeture de courte durée des administrations de l’Etat Fédéral américain n’a pu être évitée tandis qu’en Allemagne, les négociations en vue de former une autre grande coalition sont entrées dans la phase délicate des discussions formelles. Sur le front des données, les indicateurs avancés aux États-Unis comme en Europe se maintiennent à des niveaux élevés tandis qu’en Chine, la croissance s’est accélérée en 2017, pour la première fois depuis sept ans.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe aussi les statistiques économiques se sont révélées robustes. En particulier, l’indicateur avancé PMI des services est revenu à son niveau antérieur à la crise tandis que le PMI manufacturier reste proche d’un sommet historique. Ces chiffres seraient conformes à une croissance du PIB au premier trimestre 2018 d’environ 0.9 %, soit 3.5 % en glissement annuel, un niveau très supérieur aux anticipations moyennes des économistes (2.1 % en 2018 après 2.3 % en 2017). Par ailleurs, le taux de chômage a poursuivi son repli à 8.7 % et la production industrielle a progressé de 1 % en glissement mensuel en novembre. Malgré une solide dynamique économique, l’inflation est restée modérée. L’inflation totale s’est tassée en décembre à 1.4 % en glissement annuel, en raison d’un effet négatif des prix de l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente est restée inchangée à 0.9 % suite à la stabilité des prix des biens et services industriels.

Concernant la politique monétaire, le compte-rendu de la réunion de la Banque Centrale Européenne a fait état de perspectives économiques très positives et d’un large consensus sur la nécessité de faire évoluer progressivement la communication dès le début de l’année, tout en insistant sur  l’importance du maintien des taux directeurs actuels « bien au-delà » de l’horizon fixé pour les achats d’actifs, soit probablement jusqu’en 2019.

  • États-Unis

Aux États-Unis,le Sénat américain a voté, le 23 janvier un compromis budgétaire provisoire permettant le financement des administrations de l’État fédéral jusqu’au 8 février, mettant ainsi un terme à la fermeture des administrations qui n’a finalement duré que quelques heures au cours de la semaine normale de travail. Cependant,  à la fin du mois de février ou début mars, le Trésor américain se heurtera au problème du plafond de la dette qui pourrait l’empêcher d’émettre de nouveaux emprunts sur le marché. Sur le plan économique, les données demeurent pour la plupart robustes. Ainsi, l’ISM manufacturier a dépassé les anticipations, grimpant de 58.2 à 59.7, grâce au bond des nouvelles commandes et de la production. L’indice non manufacturier a marqué le pas mais tout en se maintenant à un niveau élevé.  Le rapport sur l’emploi continue par ailleurs de souligner un marché du travail tendu : le taux de chômage s’est maintenu à un point bas du cycle et l’économie américaine a créé 148 000 emplois en décembre, un niveau à peine inférieur à la tendance récente, tandis que les hausses de salaires sont restées limitées. Enfin, l’indice sous-jacent de l’inflation est ressorti à 1.8 % en glissementannuel en décembre, après 1,7 %, tandis que l’inflation totale a baissé d’un dixième à 2.1 %. L’augmentation de l’inflation sous-jacente s’explique principalement par l’envolée des prix de l’automobile, du coût du logement et des soins de santé. Alors que le nouveau patron de la Réserve Fédérale Américaine a officiellement succédé à Janet Yellen début janvier, Le ton des minutes de la FED  de décembre est devenu légèrement haussier, le comité de politique monétaire se montrant un peu moins préoccupé par les risques à la baisse de l’inflation et se concentrant davantage sur les risques à la hausse pour les perspectives de croissance.

  • Asie

En Chine, le PIB réel annuel a connu une accélérationpour la première fois depuis sept ans, passant de 6.7 % en 2016 à 6.9 % en 2017. Ce rebond est néanmoins imputable à la demande extérieure, la croissance de la consommation et de l’investissement ayant en fait ralenti, notamment par rapport à 2016.

Enfin au Japon, la Banque Centrale a décidé lors sa réunion de politique monétaire de janvier de maintenir le cadre actuel de son programme d’assouplissement. Cette décision était largement attendue car l’inflation reste loin de l’objectif de 2 % et la politique de détente actuelle ne semble pas avoir d’effets secondaires significatifs.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Faisant suite à  un mois de décembre extrêmement décevant sur les marchés d’actions, le premier mois de l’année 2018 a été marqué par un net retour de l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués. Avec des progressions sur l’ensemble des indices boursiers mondiaux, la palme de la  hausse  revient une fois encore à la bourse américaine, l’indice phare Dow Jones progressant de 5.79 % sur le mois (plus que la performance annuelle des actions européennes en 2017 !). La hausse des indices européens est globalement plus modeste mais localement très hétérogène. Ainsi, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes n’affiche qu’une progression de 1.08 %, pénalisé par la contreperformance des valeurs suisses (-0.5 %) mais surtout britanniques (-2 %), tandis que les bourses d’Europe du sud connaissent une envolée conséquente (+7.6 % en Italie et +4% en Espagne). Les actions françaises tirent sur épingle du jeu avec une progression de 3.2 % de l’indice CAC40 qui rejoint en fin de mois son plus haut niveau depuis janvier 2008. Dans ce mouvement, les principaux déterminants ont été la poursuite de la hausse des prix du pétrole (avec un plus haut de 71$ atteint le 25 janvier), le repli du dollar contre euro, avec un bref franchissement  de la parité de 1.25, la remontée des rendements obligataires des deux côtés de l’Atlantique et enfin un début satisfaisant de la saison de publication  des résultats. Les disparités sectorielles reflètent ces paramètres, les plus fortes hausses concernant les secteurs sensibles au cycle et à la hausse des taux et des matières premières (automobile, banques, assurances, industrie et produits de base, en progression de 3 à 8 %), tandis que les secteurs souffrant habituellement de la hausse des taux et du recul du dollar s’inscrivent en performance négative de -1 à -3 % sur le mois (Télécom, transport-loisir, Services aux collectivités, Agroalimentaire).

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 janvier 2018

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 3.19 % + 3.19 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 1.08 % + 1.08 %
Indice Dow Jones (en $) + 5.79 % + 5.79 %
Indice Nikkei (en Yen) + 3.18 % +3.18 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, mêmes causes, même punition en ce début d’année qu’au mois de décembre 2017. La hausse des taux d’intérêt sur l’ensemble des échéances de la courbe européenne, dans le sillage des taux américains, s’est traduite par un nouveau mois de baisse pour les indices obligataires européens. Ainsi, le taux de référence européen, en hausse rapide dès le début du mois, s’inscrit à +0.69 % le 31 janvier contre 0.42 % fin 2017. En dépit d’un resserrement sensible des écarts de rendement sur les pays périphériques de la zone euro, les placements obligataires accusent néanmoins le coup et signent un très mauvais début d’année, avec un recul sensible des indices sur l’ensemble des maturités.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 janvier 2018

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.09 % - 0.09 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans - 0.39 % - 0.39 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans - 0.69 % - 0.69 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans - 0.16 % - 0.16 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.03 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 janvier 2018