La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Décembre 2017

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La politique a occupé le devant de la scène en décembre, avec les baisses d'impôts approuvées par le Congrès aux États -Unis et l'accord sur la première phase des négociations du Brexit ouvrant la voie aux discussions sur un accord commercial entre l’Union européenne et le Royaume Uni. Par ailleurs, en Espagne, les partis séparatistes ont remporté une courte majorité au parlement catalan mais ils devront s'entendre sur le choix d'un président et d'une stratégie pour la région.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, l’amélioration de la conjoncture se reflète également dans les enquêtes de confiance et dans les données réelles, avec par exemple, l’indice du sentiment économique de la commission européenne à un plus haut de 17 ans (114.6). Les indicateurs avancés PMI sont également restés très vigoureux en décembre, l'indice composite ressortant à 58, très au-dessus de sa moyenne historique. Avec la plupart des composantes (intentions de recrutement, entrées de commandes et indicateur de marge bénéficiaire) également soutenues, on n'observe aucun signe de ralentissement de l'activité manufacturière tandis que l'accélération se poursuit dans le secteur des services. De ce fait, la croissance en zone euro devrait se poursuivre à un rythme encore robuste au 4éme trimestre. Le marché de l’emploi poursuit son amélioration graduelle et devrait continuer d’absorber la main d’œuvre disponible à un rythme similaire à celui observé au 3éme trimestre, de 1,7 % l’an. En conséquence, les pressions salariales restent faibles. Sans son ingrédient principal – les salaires -, l’inflation sous-jacente peine à accélérer, à 0,9 % l’an en novembre. Elle reste ainsi contenue dans un corridor entre 0,6 % et 1,2 % l’an depuis près de 4 ans.
Dans ce contexte, la BCE a laissé sa politique monétaire inchangée, contrainte par la faiblesse de l’inflation à prolonger son programme d’achat d’actifs jusqu’en septembre 2018 à un rythme toutefois ramené à 30 milliards par mois (contre 60 milliards précédemment).

  • États-Unis

Aux États-Unis, au terme d'une bataille acharnée, le Congrès américain a fini par voter une réforme fiscale de 1 500 milliards de dollars, réduisant le taux d'imposition sur les entreprises, offrant des baisses d'impôts temporaires pour les ménages (en particulier les plus fortunés) et supprimant l’amende imposée dans le cadre de l'Obamacare aux Américains qui ne souscrivent pas d’assurance-santé. Sur le plan macroéconomique, les données publiées montrent que l’activité demeure largement dirigée par la demande domestique et plus particulièrement la consommation des ménages. Ainsi, l’indice de confiance des ménages du « Conference Board » a enregistré sa moyenne trimestrielle la plus élevée depuis 17 ans à 125,6. En somme, les données économiques (production industrielle et ventes de détails en accélération au 4éme trimestre) et les indicateurs avancés du 4ème trimestre suggèrent que l’activité devrait maintenir se maintenir sur un rythme toujours très robuste après l’expansion de 3,2 % observée au 3ème trimestre. Par ailleurs, le marché de l’emploi reste tendu, avec 174 000 créations d’emplois non agricoles en moyenne mensuelle de janvier à novembre et favorise une croissance soutenue des salaires. Néanmoins, l’inflation sous-jacente peine à accélérer et se maintien sur un rythme de 1,5 % l’an en novembre après 1,4 % l’an en septembre, évolution qui reflète pleinement le délai d’ajustement des prix aux améliorations du marché du travail. De fait, l'inflation est clairement restée une préoccupation majeure pour la Fed toute cette année. Néanmoins, lors de l'avant-dernière réunion présidée par Janet Yellen (Jerome Powell lui succède en février), la Fed a procédé à une hausse des taux de 25 points, une décision qui était largement anticipée. L'institut d'émission américain prévoit toujours trois hausses de taux en 2018, deux en 2019, mais anticipe désormais, non plus un, mais deux relèvements des taux en 2020.

  • Asie

En Chine, les derniers indicateurs d'activité font état d'une demande intérieure stable et d'une demande extérieure vigoureuse en novembre. De fait, la croissance des investissements en immobilisations est passée de 5,8 % en octobre à 6,3 % en novembre, grâce aux infrastructures et au secteur industriel. De plus, les indicateurs du marché immobilier se sont quelque peu redressés après la faible performance enregistrée en octobre et la croissance des ventes au détail s'est également redressée à 10,2 % en novembre. Ces indicateurs favorables ont sans doute mis la Banque Centrale suffisamment en confiance pour décider d'une mini hausse des taux de 5 points de base.
Enfin au Japon, le Conseil de politique monétaire de la Banque du Japon a maintenu son programme actuel d'assouplissement lors de sa réunion de décembre, convaincu que ce cadre est plus bénéfique que préjudiciable à l’économie. Les indicateurs économiques sont par ailleurs restés solides depuis la dernière réunion de politique monétaire et l’Institution a maintenu son opinion favorable sur l'évolution de l'économie japonaise.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

C’est un mois de décembre plutôt terne et peu actif sur les marchés qui clôt une année 2017 pourtant exceptionnelle pour les marchés actions mondiaux avec un gain de 20 %, la meilleure année depuis 2013, tirée par les marchés émergents et les États Unis en particulier. L’année a aussi été caractérisée par un paradoxe : un risque politique omniprésent et une volatilité historiquement basse favorable à l’investissement en actions. 
La hausse des indices européens en 2017 est toutefois plus modeste, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes terminant l’année sur une progression de 5.56 %, à comparer avec + 25.08 % pour l’indice phare de la Bourse américaine. L’Europe a été pénalisée par des tensions politiques : entre les élections en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Autriche et la montée du populisme en Europe de l’Est ou les velléités indépendantistes de la Catalogne. Au cours du mois de décembre, l’évolution des actions européennes a cependant été principalement influencée par les publications de résultats (en moyenne satisfaisantes, mais avec une forte sanction boursière des sociétés dont les résultats ont déçu) et les opérations de fusions acquisitions qui se sont multipliées en fin d’année, avec notamment le rachat de Gemalto par Thalès, surenchérissant sur une première offre d’achat présentée par Atos. On soulignera enfin la poursuite de la hausse des prix du pétrole, soutenu par la fermeture d’un oléoduc en mer du Nord et la prolongation par l’Opep de son accord de limitation de production. Le Brent a de ce fait atteint son plus haut niveau depuis juin 2015 (66.87$ le 29 décembre). L’appréciation du cours du baril a bénéficié au secteur du pétrole et en particulier aux parapétrolières qui avaient largement sous-performé en début d’année. Mais les plus fortes hausses sectorielles en décembre se retrouvent sur deux secteurs particulièrement sensibles à l’environnement macroéconomique positif et aux gains de pouvoir d’achat escomptés grâce à la réforme fiscale américaine. Ainsi, les produits de base progressent de 9.9 % en réaction à la forte hausse du prix des métaux, et le secteur transport loisir s’inscrit en hausse de 4.7 %. En revanche, les secteurs sensibles à la hausse des taux sous performent sensiblement les indices, tels la technologie (- 1 %) et surtout les services aux collectivités (- 3.9 %).

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 décembre 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 - 1.12 % + 9.26 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 0.65 % + 5.56 %
Indice Dow Jones (en $) + 1.84 % + 25.08 %
Indice Nikkei (en Yen) + 0.18 % + 19.10 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Faisant suite à un début de trimestre sans évolution notable, le mois de décembre s’est révélé relativement meurtrier pour les placements obligataires, la remontée des taux d’intérêts sur l’ensemble des échéances de la courbe ayant effacé en grande partie la performance péniblement accumulée au cours des onze mois précédents ! Pourtant, en début de mois, l’absence d’accord en Allemagne sur la formation d’un gouvernement de coalition avait provoqué un fort recul des taux européens, le 10 ans allemand retombant tout proche de ses plus bas niveaux récents, à 0.28 % le 11 décembre. La hausse des taux américains à la suite du resserrement de 25 points de la FED, puis la reprise des négociations politiques en Allemagne ont déclenché sur la seconde partie du mois un solide mouvement de remontée des taux européens, l’ensemble des échéances de la courbe étant concernées et le taux à 10 ans finissant l’année 2017 à 0.42 %, exactement le double de son niveau de la fin 2016 (0.21 % au 31 décembre 2016). Par ailleurs, les écarts de rendement des pays périphériques, sur une tendance au resserrement depuis le début du trimestre, se sont de nouveaux écartés avec le scrutin en Catalogne et l’annonce d’élections anticipées en Italie (prévues début mars 2018). De ce fait  les indices obligataires européens reculent fortement sur le mois sur le mois, la performance devenant même négative sur les maturités inférieures à 3 ans. On soulignera enfin une performance négative des placements monétaires pour la troisième année consécutive, conséquence de la politique monétaire  ultra accommodante de la Banque Centrale européenne. 

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 décembre 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.21 % - 0.34 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans - 0.50 % + 0.01 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans - 0.60 % + 0.49 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans - 0.39 % + 1.64 % (secteur privé)
EONIA - 0.01 % - 0.36 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 décembre 2017