La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Novembre 2017

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Au cours d’un mois de novembre une fois encore dominé par les péripéties politiques et les manœuvres des banques centrales, les marchés financiers ont connu des fortunes diverses, les bourses européennes subissant un retour de l’aversion au risque tandis que le marché américain a poursuivi son ascension, le SP500, indice large de la cote américaine, atteignant de nouveaux sommets.  

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, après de vives tensions en Espagne au cours du mois précédent, les ennuis sont apparus là où on ne les attendait vraiment pas, en Allemagne ou la Chancelière Angela Merkel, reconduite en septembre pour un nouveau mandat avec une majorité extrêmement juste, n’est pas parvenue à former un gouvernement de coalition. Les discussions ont finalement repris entre les principaux partis, permettant d’espérer un compromis d’ici la fin de l’année, mais cet affaiblissement du gouvernement allemand alors même que les difficiles  négociations sur le Brexit entrent dans une phase cruciale a été reçu comme une mauvaise nouvelle par les marchés financiers. Sur le plan économique, les données publiées en novembre confirment le scénario d’une croissance solide, la PIB de la zone euro ayant progressé de 0.6 % au 3ème trimestre, avec une bonne dynamique sur l’ensemble des pays : +0.8% en Allemagne et en Espagne, +0.5 % en France et en Italie. Les indicateurs avancés PMI se sont inscrits en forte hausse (1.5 points environ), à 57.5 pour l’indice composite, 60 pour le manufacturier et 56.2 pour les services. Dans le même temps, l’indice de confiance des ménages s’est encore amélioré pour atteindre un plus haut de 17 ans, à 0.1, près de nombreux trimestres en territoire négatif. Enfin, rien de particulier n’est à signaler du côté de la BCE qui maintient le cap de sa politique monétaire dans un contexte d’inflation toujours poussive, à 1.5 % en glissement annuel contre 1.4 % fin octobre. 

  • États-Unis

Aux États-Unis, la réunion de novembre de la Réserve Fédérale n’a apporté aucune surprise, l’unique changement dans le discours officiel consistant en une réévaluation dans un sens positif de l’activité économique. Ceci a renforcé la probabilité d’un nouveau relèvement de taux en décembre en dépit d’une inflation qui peine à se maintenir au-dessus des 2 % en glissement annuel. De fait, le marché du travail apparait désormais relativement tendu, avec un taux de chômage à 4.1 % seulement, le dernier rapport sur l’emploi ayant fait était de 261.000 créations de postes en octobre avec une révision à la hausse des données d’août, ce qui souligne la résistance d’une économie pourtant frappée par les ouragans durant cette période. De bonnes nouvelles également du côté du PIB pour le 3éme trimestre, avec une croissance de 3.3 % en rythme annualisé contre 3.1 % au trimestre précédent. Sur le plan politique, l’actualité est restée dominée par le projet de réforme fiscale, examiné conjointement par le Congrès et le Sénat. L’adoption  éventuelle d’un compromis sur cette réforme - l’une des promesses phares de la campagne électorale de Donald Trump - fin 2017 ou début 2018 apparait cruciale pour le Président américain, après l’accumulation des échecs de l’Administration Trump au cours de sa première année d’exercice du pouvoir.

  • Asie

En Chine, la croissance de l’activité a ralenti, avec une hausse de la production industrielle de 6.2 % seulement contre 6.6 % le mois précédent. Dans l’ensemble, les contraintes imposées aux entreprises par le programme de réduction de la pollution (lié à la tenue du congrès du Parti en octobre) ont indéniablement joué un rôle dans le freinage de l’activité, mais la demande des ménages s’est révélée globalement résistante. Par ailleurs, le durcissement de la réglementation immobilière a pesé sur les ventes de logement. 
Enfin au Japon, le PIB a enregistré son 7éme trimestre consécutif de hausse, à 1.4 % en glissement annuel au 3e trimestre, les chiffres détaillés traduisant une bonne résistance des facteurs domestiques avec une économie qui profite de la tension du marché du travail et de la recrudescence de l’investissement des entreprises.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Les marchés d’actions ont évolué en ordre dispersé en novembre, avec une forte dichotomie entre les États Unis et le Japon, en forte hausse, et l’Europe en correction sensible. Pour la bourse américaine, ce sont les anticipations d’un accord sur la réforme fiscale qui ont permis à Wall Street d’enregistrer un nouveau plus haut de son histoire, tandis qu’au Japon, la bourse de Tokyo a poursuivi son mouvement de hausse, porté par une solide dynamique de croissance après de longues années de marasme économique.
Dans un environnement stable sur la parité euro dollar (autour de 1.18), et avec un pétrole sur ses meilleurs niveaux de l’année, à 63 $ le baril, avec les espoirs d’une prolongation du gel de production de l’Opep, les marchés d’actions européens se sont focalisés sur les publications de résultats pour le 3ème trimestre, avec au final quelques prises de bénéfices après leur forte remontée depuis l’été. Quelques histoires spécifiques ont particulièrement pesé sur la cote européenne, notamment les résultats décevants des secteurs des énergies renouvelables et des valeurs bancaires. En fin de mois, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes abandonne environ 2%, ramenant la performance annuelle à un peu moins de 5 % seulement quand la bourse américaine affiche une insolente progression de près de 23 % !
Sur le plan sectoriel, la baisse concerne tous les secteurs d’activité de l’indice, à l’exception de l’automobile (stable), porté par un bon momentum des immatriculations dans l’ensemble des marchés mondiaux. Les secteurs des média, de l’agroalimentaire et de l’assurance parviennent à limiter les dégâts grâce à de bonnes publications des sociétés. En revanche, les valeurs industrielles, la technologie, les produits de base et les biens de consommations, qui concentrent l’essentiel des déceptions en matière de publications de résultats, enregistrent les prises de bénéfices les plus sévères, en recul de 3 % à 4 % sur le mois.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 novembre 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 - 2.37 % + 10.50 %
Indice Stoxx 50 (Europe) - 2.09 % + 4.87 %
Indice Dow Jones (en $) + 3.83 % + 22.82 %
Indice Nikkei (en Yen) + 3.24 % + 18.89 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires après un mois d’octobre déjà bien calme, le mois de novembre semble s’apparenter à un début d’hibernation. En l’absence d’actualité particulière sur le plan macroéconomique et sur les politiques menées par les Banques Centrales, les taux sont demeurés stables sur l’ensemble des échéances de la courbe européenne. Ainsi, le taux à 10 ans s’inscrit au 30 novembre sur son niveau de la fin octobre, à 0.36 %.
Sur la dette des pays périphériques (Portugal, Italie Espagne), le mouvement de resserrement des écarts de rendements avec l’Allemagne s’est poursuivi, dans un contexte politique relativement calme au Sud de l’Europe alors que l’Allemagne doit faire face à une crise gouvernementale inattendue. De ce fait les indices obligataires européens sont quasiment stables sur le mois, la performance depuis la fin 2016 demeurant très modeste à un mois seulement de la fin de l’année boursière.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 novembre 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.04 % - 0.13 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans - 0.01 % + 0.51 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.10% + 1.10 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.09 % + 2.04 % (secteur privé)
EONIA + 0.00 % - 0.35 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 novembre 2017