La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Septembre 2017

Imprimer Diminuer la taille de la police Agrandir la taille de la police

Au-delà d’un contexte géopolitique toujours tendu, avec une escalade verbale entre les incontrôlables dirigeants des Etats Unis et de la Corée du Nord et de conditions climatiques extrêmement défavorables au Texas, en Floride et dans la zone Caraïbes, les marchés financiers se sont focalisés en septembre sur les réunions des grandes Banques Centrales.
Comme attendu, la Réserve Fédérale Américaine et la Banque Centrale Européenne ont préparé le terrain pour un début de normalisation de leur bilan, tandis que leurs homologues Britannique et Japonaise ont conservé une orientation de politique monétaire inchangée.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, la BCE n’a pris aucune décision concrète concernant l’avenir de son programme d’assouplissement quantitatif lors de sa réunion de septembre, mais elle a clairement pris rendez-vous avec les marchés pour la réunion d’octobre, suggérant que son Conseil pour prendre des décisions à cette occasion. De fait, même si les prévisions d’inflations ont dû être revues en baisse à 1.3 % pour 2018 et 1.5 % pour 2019, du fait de la hausse de l’euro contre la dollar, la croissance de la zone euro a été révisée à la hausse à + 2.2 % pour 2017.
Les données publiées en septembre valident le tableau brossé par la Banque Centrale, avec une croissance du PIB confirmée à + 0.6 % pour le deuxième trimestre, principalement tirée par la consommation. D’autre part, les indicateurs avancés PMI tout comme l’indice de confiance des consommateurs ont conservé en septembre une orientation favorable.
Sur le plan politique, la zone euro a dû en outre affronter l’échéance importante de élections fédérales en Allemagne, Angela Merkel ayant conservé son poste pour un nouveau mandat, mais en perdant beaucoup plus de sièges que prévu au Bundestag, ce qui laisse augurer une cohabitation complexe avec les deux partis eurosceptiques AfD et FDP qui ont fortement progressé lors de ce scrutin. Enfin en Espagne, le parlement Catalan a décidé début septembre, et ce malgré l’opposition du gouvernement, l’organisation d’un vote sur l’indépendance de la région pour le 1er octobre, les conséquences de ce scrutin étant de nature à relancer les tensions et les aspirations populistes dans la zone euro.

  • États-Unis

Aux États-Unis, la FED a donc clairement annoncé le début de la réduction de son bilan en octobre, avec une nouvelle étape de relèvement des taux directeurs en décembre, suivie de trois autres en 2018. Ces annonces supposent qu’elle ne juge que temporaire la faiblesse actuelle de l’inflation (à + 1.9 % en glissement annuel mais seulement + 1.7 % pour l’inflation sous-jacente, inchangée depuis quatre mois). Les statistiques économiques publiées au cours du mois confirment par ailleurs la dynamique de l’économie américaine, avec notamment un marché de l’emploi en très bonne santé. Alors que la progression des salaires semble se stabiliser autour de + 2.5 %, les créations d’emploi restent supérieures au niveau jugé « suffisant » par la FED, et le taux de chômage s’établit en deçà de sa norme historique de 4.5 %. Enfin, les indicateurs avancés ISM manufacturier et non manufacturiers ont continué à progresser, à 58.8 et 55.3 respectivement, traduisant une poursuite de l’expansion du cycle. Du côté des devises, le dollar s’est stabilisé en septembre après la forte dégradation intervenue cet été, à 1.18 dollar pour 1 euro contre 1.19 fin août. 

  • Asie

En Asie, les données économiques demeurent compatibles avec une croissance modérée et une remontée progressive de l’inflation vers l’objectif de 2 % de la Banque du Japon, laquelle a donc une fois encore décidé de maintenir inchangée sa politique monétaire. En Chine, la croissance de l’activité a poursuivi sur la tendance défavorable constatée en juin et en juillet, probablement en raison des restrictions temporaires de production imposées aux entreprises par les autorités chinoises, dans la cadre de la lutte renforcée contre la pollution. Compte tenu de l’imminence de l’ouverture du 19ème Congrès du Parti (18 octobre), cette pression du gouvernement sur les entreprises chinoises pourrait perdurer tout au long du dernier trimestre de 2017.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Après un été bien compliqué et boursièrement décevant, les marchés d’actions ont retrouvé en septembre une bonne dynamique haussière, portés par un sentiment de confiance dans la croissance économique et un retour des anticipations de normalisation de l’inflation, facteur essentiel de revalorisation des actifs. En Europe, après un début de mois un peu poussif - la prudence étant de mise dans un contexte de fortes tensions entre la Corée du Nord et les Etats Unis et d’évènements climatiques potentiellement dévastateurs en Floride – les marchés se sont fortement redressés sous l’impulsion notamment des annonces de la FED et de la BCE validant l’hypothèse du thème « reflation ». La remontée des prix du pétrole pour le troisième mois consécutif vers le niveau de 60$ le baril ainsi que la stabilisation du dollar contre l’ensemble des autres devises ont également contribué à l’amélioration du sentiment des investisseurs. Les actions européennes enregistrent ainsi en septembre leur meilleure progression de l’année, l’indice Stoxx50 des principales valeurs affichant une hausse de + 4.31 %, soit une récupération en deux semaines seulement de l’intégralité du terrain perdu en juillet et août.
Sur le plan sectoriel, les secteurs cycliques affichent la plus forte surperformance, portés par les données macroéconomiques favorables, avec une progression de + 10.8 % pour l’automobile et des hausses comprises entre 5 et 8 % pour la technologie, la chimie, les valeurs industrielles et les compagnies pétrolières. En revanche, les secteurs sensibles à la remontée des taux (télécommunications, services aux collectivités…) stagnent tandis que les produits de base ont subi en septembre des prises de bénéfices (- 1.6 %) après la forte hausse de l’été.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 septembre 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 4.80 % + 9.61 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 4.31 % + 5.39 %
Indice Dow Jones (en $) + 2.08 % + 13.37 %
Indice Nikkei (en Yen) + 3.61 % + 6.50 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, le traditionnel mouvement de bascule des flux entre les actions et les obligations, favorable aux placements obligataires en juillet et août a provoqué à l’inverse une contreperformance de ce compartiment au mois de septembre avec le retour en grâce des placements à risque. Ce mouvement de défiance à l’égard des obligations a été par ailleurs amplifié par la perspective d’une nouvelle remontée des taux aux Etats Unis et le changement de ton de la Banque Centrale Européenne lors de sa réunion de septembre. Ainsi, le taux à 10 ans européen retrouve au 30 septembre son niveau de la fin juin à 0.46 %, contre 0.36 % fin août. Sur cette période, les écarts de rendement par rapport à l’Allemagne au sein de la zone Euro restant stables, à l’exception de la dette du Portugal qui a bénéficié d’un premier relèvement en catégorie non spéculative de la part d’une agence de notation, enregistrant ainsi une réduction de 48 points de son écart de rendement. De ce fait  les indices obligataires européens reculent en  septembre sur l’ensemble de la courbe, la performance annuelle étant à peine positive pour les   maturités au-delà de 5 ans et négative en deçà de cette échéance.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 septembre 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.04 % - 0.19 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans - 0.12 % + 0.10 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans - 0.22% + 0.23 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans - 0.07 % + 1.36 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.27 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 septembre 2017