La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Juillet/Août 2017

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Sur les marchés financiers, l’actualité a été dominée cet été par les tensions politiques, avec côté Ouest les multiples couacs de la Présidence Trump, semant le doute sur la capacité du président américain à mettre en œuvre le programme économique promis lors de sa campagne électorale, et côté Est, en Corée du Nord, un nouveau tir de missile nucléaire ayant fait craindre l’imminence d’un conflit de grande ampleur dans cette zone.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, les données économiques publiées, un peu décevantes en juillet (tassement de l’inflation et recul de la confiance des ménages), se sont redressées en août, avec notamment une croissance du PIB confirmée à + 0.6 % pour le deuxième trimestre, essentiellement portée par la consommation. Par ailleurs, l’indicateur avancé PMI, à 55.8, indique une poursuite de la croissance du PIB sur un rythme similaire au troisième trimestre, tandis que  la confiance des consommateurs s’est redressée pour repasser au-dessus de sa moyenne historique. En dépit de l’amélioration du contexte économique de la zone Euro, la Banque Centrale Européenne reste convaincue que le maintien d’une politique très accommodante s’impose pour ramener l’inflation vers le niveau de 2 %, alors qu’elle se situe à 1.5 % fin août et que la récente hausse de l’Euro fait peser des risques baissiers à court terme. Sur le plan politique, l’été s’est révélé plutôt calme en Europe. En France, la nouvelle équipe gouvernementale se met au travail, tandis qu’en Allemagne, les derniers sondages donnent une avance confortable à la chancelière sortante Angela Merkel pour les élections fédérales de la fin septembre. En revanche, le nouveau cycle de négociations entre l’Union Européenne et le Royaume Uni sur les conditions du Brexit, ouvert le 17 juillet, n’a pas pour le moment produit d’avancée significative sur les deux principaux points de la discussion, la facture du divorce et la libre circulation des personnes sur le territoire britannique.

  • États-Unis

Aux États-Unis, en dépit de l’amélioration des perspectives de croissance de l’économie, la faiblesse persistante de l’inflation a incité la Réserve Fédérale à modérer son discours quant au durcissement de sa politique monétaire. Concernant les données économiques, les chiffres du marché de l’emploi demeurent dynamiques (407 000 créations de postes sur deux mois dans le privé), tandis que le indicateurs avancés ISM manufacturier et des services ont dépassé les attentes en août, à 57.8 et 57.4 respectivement, le niveau de 50 signalant une situation d’expansion économique. De ce fait, la croissance du PIB pour le deuxième trimestre a été révisée à la hausse, à 3 % en rythme annualisé. Au-delà du contexte économique, les mois d’été ont confirmé les difficultés de l’Administration Trump à mettre en œuvre son programme économique face à l’opposition du Congrès et du Sénat. Sur fonds de propositions de loi retoquées, de démissions multiples de conseillers et de secrétaires d’état, la crédibilité du Président en exercice ne cesse de s’effriter. En août, de nouvelles inquiétudes ont refait surface quant au budget des États Unis, le plafond de la dette étant de nouveau atteint. Ce climat difficile s’est traduit par un mouvement de défiance envers le dollar qui a fortement reculé contre l’ensemble des devises, s’établissant fin août à 1.19 dollar pour 1 euro contre 1.14 fin juin.  

  • Asie

En Asie, la Banque du Japon a une fois encore décidé de maintenir le cadre actuel de son programme d’assouplissement quantitatif assorti d’un contrôle de la courbe des taux. Elle a néanmoins révisé en hausse ses prévisions de croissance et son évaluation globale de l’économie tout en abaissant les perspectives d’inflation. En Chine, la croissance de l’activité s’est repliée plus que prévu en juillet, inversant complètement la dynamique observée en juin. En particulier, les données relatives au marché du logement, en recul significatif, valident l’hypothèse d’une fin du cycle de l’immobilier résidentiel à la fin de l’année, l’économie chinoise ayant dépassé le point haut de son cycle sans pour autant s’orienter vers un ralentissement prononcé.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

L’été s’est révélé globalement difficile sur les marchés d’actions européens, ballotés entre des mouvements importants sur les matières premières (à la hausse, dont le pétrole à + 10 %) et les devises (baisse de 5 % du dollar contre l’Euro), des craintes géopolitiques (Corée du Nord) et des Banques Centrales hésitantes pace à un contexte inflationniste très mou.
De ce fait, le mouvement baissier initié depuis la mi-mai sur l’indice Stoxx50 des grandes valeurs européennes s’est poursuivi tout au long de l’été, le recul des devises suisse et britannique au mois d’août ayant amplifié la baisse de l’indice (le poids de ces valeurs représente un peu plus de la moitié de l’indice Stoxx50). Ainsi, à la fin août, la performance hors dividendes de l’indice européen n’est plus que de 1.03 % quand les valeurs américaines, au plus haut de leur histoire, enregistrent une performance à deux chiffres et que l’indice français CAC40 parvient à résister avec une progression annuelle proche de 5 %.
Sur le plan sectoriel, la disparité est particulièrement forte sur la période juillet-août. Les valeurs liées aux matières premières (mines et métaux) progressent de 11.5 % et les services aux collectivités (+ 3.5 %) profitent d’un retour à meilleur fortune grâce au repli des taux. Les secteurs de la technologie, de l’alimentaire et les assurances sont stables sur la période quand l’ensemble des autres secteurs de l’indice s’inscrit en recul, modéré pour les banques et les valeurs pétrolières (- 1 %), très marqué pour les valeurs pharmaceutiques, la distribution et le transport-loisir (- 5 %). La plus mauvaise performance revient au secteur des média (- 7.8 %), les principales sociétés ayant fortement déçu lors de la publication des résultats, la mutation vers un modèle digital se révélant particulièrement destructrice pour les marges des sociétés.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 août 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 0.69 % + 4.59 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 2.58 % + 1.03 %
Indice Dow Jones (en $) + 2.80 % + 11.06 %
Indice Nikkei (en Yen) + 1.93 % + 2.78 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, la baisse de confiance des investisseurs sur les marchés d’actions au cours de l’été s’est traduite par un repli vers les placements obligataires, causant une détente des taux d’intérêt sur l’ensemble des maturités. Par ailleurs, la faiblesse persistante de l’inflation a également contribué à ce mouvement de détente des rendements européens, dans le sillage des taux américains qui se sont repliés tout près du niveau de 2 % en réaction à la baisse du dollar et au ton plus accommodant de la Banque Centrale. 
Ainsi, le taux à 10 ans européen s’inscrit au 31 août à 0.36 %, contre 0.47 % fin juin.
Sur cette période, les écarts de rendement par rapport à l’Allemagne au sein de la zone Euro sont demeurés globalement stables, de ce fait les indices obligataires européens ont pleinement bénéficié de la détente des taux sur l’ensemble des échéances et affichent de nouveau à fin août des performances positives pour les maturités au-delà de trois ans.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 août 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.16 % - 0.15 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.57 % + 0.22 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.92% + 0.45 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.98 % + 1.43 % (secteur privé)
EONIA - 0.06 % - 0.24 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 juillet 2017