La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Juin 2017

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Le mois de juin a été chargé sur le plan de l’actualité politique, avec des élections législatives aux enjeux importants en France et au Royaume Uni, mais également sur celui des Banques Centrales, les banquiers centraux américain, européen et britannique ayant nettement durci le ton de leur communication en dépit d’un environnement d’inflation toujours modéré. Par ailleurs, après plusieurs trimestres de relative stabilité, le pétrole est revenu sur le devant de la scène économique. La montée des stocks de brut américain ainsi que la réouverture de nombreux sites de production de pétrole non conventionnel aux États-Unis ayant ravivé les craintes d’une offre excédentaire, le prix du baril de brut a chuté de 6 %, revenant en fin de mois sur le niveau de 46.9$.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, les élections législatives françaises ont confirmé l’a suprématie du nouveau parti présidentiel La République en Marche qui a obtenu une large majorité à l’assemblée, assurant de ce fait  au gouvernement le soutien nécessaire à la mise en œuvre de son programme. Au Royaume Uni en revanche, les résultats des élections législatives ont constitué un véritable fiasco pour le parti conservateur de Theresa May, débouchant sur un parlement sans majorité claire. Cette situation place le Royaume Uni dans une situation particulièrement délicate pour mener les négociations sur le Brexit qui ont officiellement démarré le 19 juin, avec une Europe qui semble décidée à conserver une ligne ferme sur les points majeurs du divorce. En Zone Euro, les statistiques publiées en juin se sont révélées globalement positives, avec notamment l’indice de confiance des ménages au plus haut depuis 11 ans, tandis que les indicateurs avancés PMI manufacturier et services permettent au deuxième trimestre 2017 d’afficher la plus forte dynamique des six dernières années. Dans ce contexte, la Banque Centrale européenne a certes conservé un ton encore accommodant, notamment au regard de son programme de rachats d’actifs, mais elle a, fait nouveau, supprimé toute référence à l’éventualité d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt en soulignant que les risques pour les perspectives de croissance étaient désormais « globalement équilibrés », ce qui a surpris et s’est traduit par des tensions sur les taux d’intérêt et une remontée de l’euro contre le dollar.

Aux États-Unis, tandis que l’action du Président Trump se révèle de plus en plus imprévisible et déconcertante, les données macroéconomiques publiées demeurent satisfaisantes, avec notamment un rebond des créations d’emploi en progression de 211 000 en avril contre 79 000 en mars. Conformément aux attentes, la croissance annualisée du PIB a modestement atteint 1.2 % au premier trimestre, mais l’inflation s’est repliée pour le deuxième mois consécutif, s’établissant à 2.2 % sur un an. Enfin les ventes au détail sont restées soutenues, en progression de 0.4 % sur le mois, mais légèrement inférieures aux attentes du consensus. Dans  ce conteste modérément positif, la Réserve Fédérale a, comme prévu,  maintenu ses taux inchangés lors de sa réunion de mai. Cependant, tout en prenant acte du léger fléchissement de la croissance au premier trimestre, ce dernier a été jugé temporaire, ce qui ne remet pas en cause le processus de resserrement progressif de la  politique monétaire de l’Institution, un relèvement des taux directeurs étant toujours anticipé pour le mois de juin.

  • États-Unis

Les données économiques américaines publiées en juin n’ont pas créé de surprise majeure. Les créations d’emploi ont légèrement ralenti et la progression des salaires est restée très modeste, à + 0.15 % sur le mois et +2.46 % sur un an, mais le taux de chômage s’est établi à 4.3 %, l’un des plus bas niveaux enregistrés sur une période de 50 ans. Parmi les autres statistiques publiées, l’inflation a de nouveau reculé pour atteindre 1.9 % en rythme annuel tandis que l’indicateur avancé ISM manufacturier s’est enfin redressé après deux mois de repli.  Lors de sa réunion de politique monétaire du 14 juin, la Réserve Fédérale a augmenté comme prévu  son taux directeur de 25 points de base, tout en ouvrant la voie à un processus d’allègement de son bilan. L’Institution s’est par ailleurs montrée optimiste sur les développements de l’activité économique, tout en soulignant  ses préoccupations croissantes en matière d’inflation, qui devrait demeurer pour 2017 en-deçà de son objectif  pour la sixième année consécutive. 

  • Asie

En Asie, bien que le PIB japonais du premier trimestre ait été légèrement révisé à la baisse à + 0.3 % (au lieu de 0.5 %) en raison d’un effet de stocks, la révision en hausse des dépenses des entreprises confirme une reprise de l’investissement en biens d’équipement face à un marché du travail très tendu. De ce fait, la Banque du Japon a maintenu inchangé son programme de soutien économique, qu’elle devrait conserver jusqu’à la confirmation d’une orientation positive de l’économie. Enfin en Chine, la dynamique de la croissance réelle semble se stabiliser, dans un contexte de demande extérieure soutenue et de consommation des ménages globalement stable, ce qui ne devrait pas inciter la banque centrale à opérer un nouveau durcissement des conditions de crédit. 

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

En juin, la progression globale des bourses mondiales (+ 0.4 %) masque de fortes disparités géographiques, avec notamment une poursuite du mouvement haussier aux États-Unis et au Japon tandis que les places européennes ont subi une sévère correction après quatre mois de hausse quasi ininterrompue.

 

En Europe, les marchés d’actions ont reperdu en un seul mois une bonne partie de la hausse de 8 % engrangée depuis le point bas annuel du 31 janvier, avec un repli de 3% de l’indice Stoxx50 sur le mois, les bonnes nouvelles (amélioration du contexte politique en France, évolution favorable du dossier de la dette grecque) étant plus que compensées par l’impact négatif de la chute du pétrole, les tensions sur les taux d’intérêt et le renchérissement de l’euro face au dollar.

Sur le plan sectoriel, la majorité des secteurs s’inscrivent en recul, à l’exception des banques (+ 1 %) et des assurances (+ 0.1 %) pour lesquelles la remontée des taux constitue une bonne nouvelle quant aux perspectives de résultats. Tandis que les valeurs industrielles réussissent à résister un peu mieux que le marché, avec un recul limité autour de 2 % grâce à la persistance d’un contexte macroéconomique favorable, les secteurs les plus sensibles à une remontée des taux d’intérêt (Télécommunication, Technologie, Services aux collectivités) ainsi que les valeurs pétrolières subissent des pertes sévères, entre - 4.3 % et - 7.2 %. Par ailleurs, le secteur de la distribution (- 6.5 %) a été particulièrement affecté par l’annonce de l’arrivée du géant de la vente en ligne Amazon sur le marché de la distribution en magasins, avec le rachat de la chaine de distribution américaine Whole Foods pour près de 14 milliards de dollars.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 juin 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 3.08 % + 5.31 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 3.02 % + 3.71 %
Indice Dow Jones (en $) + 1.62 % + 8.03 %
Indice Nikkei (en Yen) + 1.95 % + 4.81 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, les performances du mois de mai avaient été sauvées en fin de mois par une détente des rendements obligataires dans un contexte de remontée de l’aversion au risque sur les actions. En juin, la forte baisse des actions européennes ne s’est pas traduite par un repli des investisseurs sur les placements obligataires, le durcissement de ton des banques centrales ayant provoqué une remontée des taux d’intérêts sur l’ensemble des échéances de la courbe.

Ainsi, le taux à 10 ans européen s’inscrit au 30 juin à 0.47 % (contre 0.30 % fin mai), tout proche de son plus haut niveau annuel atteint le 14 mars (0.51 %). En dépit d’une poursuite du resserrement des écarts de rendement par rapport à l’Allemagne au sein de la zone Euro, les indices obligataires européens affichent en juin et sur le semestre une performance négative pour l’ensemble des maturités.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 juin 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.12 % - 0.30 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.35 % - 0.35 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.50 % + 0.46 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.26 % + 0.45 % (secteur privé)
EONIA - 0.04 % - 0.18 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 juin 2017