La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Mai 2017

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L’élection présidentielle en France a constitué l’évènement politique majeur du mois de mai. L’arrivée à la tête de l’Etat d’un président issu d’un parti neuf, démocrate et résolument pro-européen a signé un recul de l’influence des courants populistes en Europe, confortant la bonne tenue des marchés financiers constatée depuis le mois de février.  

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, du côté des données économiques, la croissance du PIB s’est également révélée d’une bonne tenue, à + 0.5 % pour le premier trimestre. D’autre part, les indicateurs avancés PMI, à 56.8 en mai (au plus haut depuis 6 ans) ainsi que les indices de confiance des ménages revenus sur leurs meilleurs niveaux de 2007 militent pour une poursuite de cette dynamique positive au deuxième trimestre. Enfin, l’inflation dans la zone Euro continue de remonter vers l’objectif de la BCE, à 1.9 % en glissement annuel en avril, principalement tirée par la composante services et des effets calendaires liés aux fêtes de Pâques.

Sur le plan politique, la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle française a constitué un véritable soulagement en Europe, face à la montée des partis populistes qui prônent un éclatement de la zone Euro et un retour à une politique protectionniste à l’échelle nationale. Cependant d’autres échéances politiques européennes importantes se profilent à l’automne 2017, notamment en Allemagne où Angela Merkel conserve pour le moment une avance significative sur le parti adverse et en Italie où le score du parti populiste « 5 Étoiles »  sera étroitement surveillé. Du côté de la politique monétaire, le compte rendu de la réunion de la BCE traduit une grande prudence de la Banque Centrale autant vis-à-vis des évolutions macroéconomiques que de sa propre communication, même si elle se déclare prête à engager un débat sur une stratégie de normalisation de sa politique monétaire en relation avec la remontée de l’inflation.

  • États-Unis

Aux États-Unis, tandis que l’action du Président Trump se révèle de plus en plus imprévisible et déconcertante, les données macroéconomiques publiées demeurent satisfaisantes, avec notamment un rebond des créations d’emploi en progression de 211 000 en avril contre 79 000 en mars. Conformément aux attentes, la croissance annualisée du PIB a modestement atteint 1.2 % au premier trimestre, mais l’inflation s’est repliée pour le deuxième mois consécutif, s’établissant à 2.2 % sur un an. Enfin les ventes au détail sont restées soutenues, en progression de 0.4 % sur le mois, mais légèrement inférieures aux attentes du consensus. Dans  ce conteste modérément positif, la Réserve Fédérale a, comme prévu,  maintenu ses taux inchangés lors de sa réunion de mai. Cependant, tout en prenant acte du léger fléchissement de la croissance au premier trimestre, ce dernier a été jugé temporaire, ce qui ne remet pas en cause le processus de resserrement progressif de la  politique monétaire de l’Institution, un relèvement des taux directeurs étant toujours anticipé pour le mois de juin.

  • Asie

En Asie, les deux principales puissances économiques, le Japon et la Chine, continuent de souffler le chaud et le froid en matière d’évolution de l’activité. Au Japon, les dernières données publiées confirment le redressement de la croissance, avec un PIB se situant sur un rythme annualisé de + 2.2 % à l’issue du premier trimestre et une balance commerciale positive pour le troisième trimestre consécutif. En revanche, les indicateurs Chinois pour le mois d’avril traduisent le début d’un ralentissement de la croissance économique nominale, avec notamment une inflexion sensible de la croissance des importations. Cependant, les données relatives au logement affichent toujours une bonne résistance et la production industrielle, malgré un net ralentissement du rythme, demeure au-dessus de son niveau de début d’année.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

L’ensemble des bonnes nouvelles l’ayant emporté sur les nombreux défis qui attendent encore les marchés d’ici la fin de l’année, le mois de mai s’est soldé par une poursuite du mouvement de hausse sur les bourses mondiales, les meilleures performances concernant les valeurs asiatiques.

 

En Europe, les marchés d’actions ont cependant évolué en dents de scie, l’enthousiasme initial à l’issue de l’élection présidentielle française ayant été suivi par une période d’inquiétude quant à la politique menée aux Etats Unis par Donald Trump, notamment vis-à-vis de la Russie et  de la Corée du Nord. Ainsi, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes termine le mois sur une progression modérée de + 1.15 %, après avoir gagné jusqu’à 3% sur la première quinzaine du mois. Sur le plan microéconomique, les publications de résultats du mois de mai ont été une fois encore contrastées, bien que globalement de bonne facture. Elles ont largement contribué à la forte disparité des performances sectorielles. Ainsi, dans un contexte d’aversion au risque patent depuis le début de l’année, la rotation sectorielle en faveur des secteurs défensifs après le fort rebond des valeurs cycliques et financières fin avril s’est traduite par des hausses comprises entre 3 et 7 % sur les secteurs de la Pharmacie, l’Agroalimentaire, les Télécommunications et les Services aux collectivités. En revanche, deux secteurs se sont particulièrement démarqués à la baisse au cours du mois de mai : l’automobile (- 5.1 %) sur fonds de recrudescence des scandales liés aux tests truqués sur le diesel, qui semblent progressivement toucher l’ensemble des constructeurs européens, et les produits de base (- 4.6 %) affectés par le fort recul du prix des matières premières.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 mai 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 0.31 % + 8.67 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 1.15 % + 6.93 %
Indice Dow Jones (en $) + 0.33 % + 6.31 %
Indice Nikkei (en Yen) + 2.40 % + 2.80 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, l’évolution au cours du mois de mai a été symétrique de celle des marchés d’actions, avec une remontée générale des taux d’intérêts sur la première quinzaine du mois en contrepartie d’un comportement euphorique des marchés d’actions, suivi par un recul continu des rendements sur la seconde partie du mois, le retour de l’aversion au risque se traduisant par un repli des investisseurs sur les placements obligataires. Ainsi, le taux à 10 ans européen termine le mois tout proche de son niveau de la fin avril, à 0.30 % contre 0.32 %, après avoir atteint 0.45 % le 16 mai, au plus haut des marchés d’actions. Grâce à un resserrement modeste mais généralisé des écarts de rendement des pays de la zone Euro par rapport à l’Allemagne, les indices obligataires Européens s’inscrivent à nouveau en hausse sur le mois, la performance annuelle redevenant modérément positive sur les maturités supérieures à 3 ans.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 mai 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.04 % - 0.18 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.25 % - 0.00 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.51 % + 0.04 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.17 % + 0.71 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.14 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 mai 2017