La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Avril 2017

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Le mois d’avril s’est terminé sur la première échéance politique européenne de grande importance, le premier tour de l’élection présidentielle française. Dans un contexte de montée en puissance des partis populistes en Europe, véhiculant la menace de l’éclatement de la zone Euro, la victoire au premier tour du candidat pro-européen Emmanuel Macron a constitué un véritable soulagement pour les marchés financiers, d’autant que les premières estimations des instituts de sondages pour le second tour le donnent largement gagnant face à la candidate du parti d’extrême droite Front National.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, tandis que les indicateurs avancés demeurent indéniablement positifs, les données réelles publiées se sont révélées plus mitigées. Ainsi, la production industrielle en zone Euro a reculé de 0.3 % après une hausse de 0.3 % le mois précédent alors même que l’indicateur avancé PMI manufacturier atteignait son plus haut depuis 70 mois ! Cette légère déception sur la production industrielle est toutefois principalement imputable au secteur de l’énergie, compte tenu d’un hiver particulièrement doux en Europe. Dans l’ensemble, les données macroéconomiques de la zone Euro demeurent compatibles avec une croissance du PIB de l’ordre de 0.7 % au premier trimestre. Lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire, la BCE a maintenu le statu quo sur le niveau des taux directeurs et le rythme des rachats de dettes, en soulignant la persistance de risques baissiers sur la croissance du fait de facteurs externes.  D’autre part, la BCE ne semble toujours pas convaincue de la pérennité du rebond de l’inflation, les chiffres d’avril (+1.9 % sur un an après +1.5 % en mars) se rapprochant pourtant de l’objectif de l’Institution à 2 % pour l’inflation en zone Euro.

Enfin au Royaume Uni le Premier ministre a pris les marchés et les citoyens britanniques par surprise en annonçant des élections législatives anticipées pour le 8 juin, l’objectif étant de renforcer le poids du parti conservateur lors des négociations du Brexit avec les représentants de l’Union Européenne.

  • États-Unis

Aux États-Unis, alors que l’excès d’enthousiasme qui avait suivi l’élection de Donald Trump semble retomber après 100 jours de pouvoir, au cours desquels le nouveau Président a rencontré une très forte opposition du Congrès à la mise en œuvre de promesses électorales majeures, les données économiques publiées demeurent de bonne facture, bien qu’un peu décevantes au regard des attentes du consensus. Ainsi, le PIB a connu une croissance moins forte au premier trimestre (+0.7 %), sans doute temporaire, pénalisée par des effets saisonniers de stocks et par une moindre progression de la consommation de ménages (+0.3 %). Du côté de l’emploi, la croissance moyenne du marché du travail est restée soutenue, malgré des créations d’emploi un  peu faibles en mars, et le taux de chômage a atteint fin avril son plus bas niveau depuis mai 2007, à 4.5%. Par ailleurs, l’inflation est demeurée proche du niveau de 2 % malgré un léger tassement au cours des deux derniers mois et l’ensemble des éléments de l’environnement macroéconomique américain à fin avril  ne remettent pas en cause le scénario de la poursuite du resserrement monétaire de la Réserve Fédérale au cours du second semestre de 2017.

  • Asie

En Asie, les dernières statistiques de l’économie chinoise ont constitué une bonne surprise, avec une accélération de l’activité plus forte que prévu au mois de mars à 6.9 %, les principaux moteurs en étant l’investissement (en particulier dans le logement) et la demande extérieure. Alors que la Banque Centrale et le gouvernement sont depuis plusieurs mois engagés dans un processus de resserrement de la masse monétaire et du crédit, les données publiées semblent indiquer que ces actions ne constituent pas un frein majeur à la croissance globale de l’activité.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Sous l’impulsion d’un fort rebond des actions de la zone Euro au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle française, les marchés d’actions mondiaux ont terminé le mois d’avril sur une note solide. La contribution des actions européennes à l’indice mondial a  par ailleurs été renforcée par un effet devise positif, l’Euro s’étant sensiblement réapprécié par rapport au dollar avec la perspective de l’élection d’un Président français résolument pro-européen, tout proche de la parité de 1.09 dollar pour 1 euro contre 1.065  fin mars.

 

Au-delà des considérations politiques, l’attention des investisseurs s’est focalisée sur la publication des résultats des sociétés pour le premier trimestre, qui s’est déroulée de manière satisfaisante des deux côtés de l’Atlantique. On soulignera cependant une meilleure qualité des résultats des entreprises européennes, avec un lot important de publications dépassant largement le consensus, à rapporter à des indices boursiers qui demeurent sensiblement inférieurs à leurs meilleurs niveaux atteints en 2007. En comparaison, la dynamique des  résultats des entreprises américaines est apparue moins forte, avec même quelques déceptions marquées sur certaines valeurs phares, alors même que l’indice SP500 a atteint courant avril sur son plus haut niveau historique.

 

Au 30 avril, l’indice Stoxx50 des valeurs européennes s’inscrit en progression de 5.72 % depuis la fin 2016, mais la hausse des indices dépasse les 8 % pour la quasi-totalité des places de la zone Euro (avec notamment plus de 14 % pour les valeurs espagnoles et plus de 8 % pour les valeurs allemandes et françaises), tandis que la performance des actions britanniques atteint à peine 0.86 %, pénalisée par le processus de sortie de l’Union Européenne.

 

Sur le plan sectoriel, 12 des 17 secteurs de l‘indice européen progressent au cours du mois, les meilleures performances revenant aux sociétés du secteur transport-loisirs et aux valeurs industrielles dont les publications de résultats se sont révélées très au-dessus des attentes pour la plupart des sociétés. Les banques progressent de 2.7 % « seulement » sur le mois, mais ceci masque un rebond de près de 10 % au lendemain du premier tour des élections, après une baisse sensible sur la première quinzaine du mois dans la crainte de l’arrivée au pouvoir des partis populistes. En baisse, on retrouve les valeurs de télécommunication dont les résultats ont déçu ainsi que les produits de base et l’énergie, dans le sillage de la baisse des prix du pétrole.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 avril 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 2.83 % + 8.33 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 0.70 % + 5.72 %
Indice Dow Jones (en $) - 1.34 % + 5.96 %
Indice Nikkei (en Yen) + 1.50 % + 0.40 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, le climat pré-électoral tendu en France s’est traduit par une forte baisse du taux à 10 ans européen qui est tombé à 0.15 % le 18 avril (contre 0.33 % fin mars), avec en contrepartie un écartement sensible des écarts de rendement de l’ensemble des pays de la zone euro. Le taux à 10 ans français en particulier a atteint à cette date un écart record de près de 75 points de base. Au lendemain du premier tour, cette situation s’est rapidement retournée, le taux à 10 ans européen remontant brutalement pour retrouver (et conserver) son niveau de la fin mars, avec en parallèle un fort resserrement des écarts de rendement sur la France (en baisse de plus de 30 points) mais aussi sur les pays périphériques. Ce mouvement a permis aux indices obligataires européens d’enregistrer une légère hausse sur le mois, la performance depuis la fin 2016 demeurant cependant négative, sauf pour les obligations de type crédit qui bénéficient de la bonne tenue des sous-jacents actions.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 avril 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.08 % - 0.22 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.26 % - 0.25 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.48 % - 0.47 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.36 % + 0.54 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.12 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 avril 2017