La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Mars 2017

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À l’image des premiers mois de l’année, le mois de mars est resté marqué par une actualité politique très chargée. Alors que les élections françaises ont préoccupé les esprits tout au long du mois, notamment après les rebondissements des affaires concernant François Fillon, le vote aux Pays-Bas qui a mis en échec le candidat populiste a finalement endigué la vague des mauvaises surprises électorales. En revanche, de l’autre côté de l’Atlantique, l’échec du Président Trump à faire passer l’abrogation de « l’Obamacare » (réforme du système de santé)  a semé le doute sur sa capacité à mettre en œuvre les projets politiques ambitieux annoncés depuis son investiture. Enfin, au Royaume Uni, plus de 9 mois après le référendum, l’activation de l’article 50 par le premier ministre britannique signe le point de démarrage du « Brexit », tandis que la probabilité d’un referendum sur l’indépendance de l’Ecosse progresse.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe également l’inflation se rapproche du niveau d’équilibre souhaité par la Banque Centrale, à 2 % en glissement annuel en février pour la première fois depuis quatre ans. Cependant, les données préliminaires pour le mois de mars semblent indiquer un repli vers le niveau de 1.6 %, ce qui explique en partie le statu quo observé par la BCE lors de sa réunion du 9 mars. Par ailleurs, le contexte politique européen marqué par de fortes incertitudes devrait se traduire par le maintien d’une politique monétaire largement accommodante dans la zone euro jusqu’au mois de septembre au moins. En effet, si les élections aux Pays Bas, les premières de l’année sur l’agenda européen, ont temporairement rassuré avec l’échec du parti europhobe, l’élection présidentielle française est vue par les marchés financiers comme un test de risque populiste important, avec 8 candidats sur onze militant pour une sortie de la France de la zone euro. Enfin, le Royaume Uni a officiellement activé, le 29 mars, l’article 50 qui marque le début du processus de sortie de l’Union Européenne. Une première analyse des positions du Gouvernement Britannique et de la Commission Européenne semble indiquer la volonté d’une ligne dure dans les négociations, ce qui aura probablement pour effet de pénaliser la confiance et la croissance outre-manche au cours des prochains mois.

  • États-Unis

Aux États Unis, le scénario économique demeure inchangé, les données publiées confirmant une croissance générale et solide de l’emploi dans la plupart des secteurs, tandis que l’inflation a continué de grimper, atteignant un rythme annuel de 2.7 % (mais 2.2 % seulement hors alimentation et énergie), ce qui représente un niveau compatible avec les objectifs de la Réserve Fédérale. De ce fait, cette dernière a, sans surprise, procédé à un relèvement de 25 points de base de ses taux directeurs lors de la réunion de politique monétaire du mois de mars, conformément aux attentes des marchés. Deux hausses supplémentaires de 25 points sont désormais anticipées, probablement en juin puis en décembre 2017.

  • Asie

Tandis que la Banque du Japon a décidé de maintenir sa politique d’assouplissement monétaire avec contrôle de la courbe des taux, les chiffres récents confirment un redressement économique du pays avec un regain de dynamisme des entreprises nippones.

Enfin en Chine, les données d’activité globales indiquent  une accélération du cycle économique plus rapide et plus robuste que prévu, accompagnée  par une politique neutre de la Banque Centrale, le relèvement récent des taux interbancaires destiné à accompagner l’évolution du marché ne constituant pas un véritable resserrement de politique monétaire.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

À l’issue du mois de mars, les marchés d’actions affichent des performances contrastées. En effet, les bourses américaines et asiatiques ont enregistré un recul modeste après leur forte progression des mois précédents (la bourse américaine ayant atteint de nouveaux plus hauts historiques), tandis que les marchés européens, plus modestement valorisés, ont poursuivi et même amplifié le mouvement de rebond amorcé en février.

 

Alors que la saison de publication des résultats annuels se termine, les tendances sur les bénéfices des sociétés européennes sont actuellement positives, ce qui constitue une première depuis 2011. Par ailleurs, l’activité demeure soutenue dans le domaine des fusions acquisitions, avec notamment l’offre (rejetée à deux reprises) de la société américaine PPG sur le chimiste néerlandais Akzo Nobel. Au 31 mars, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes s’inscrit en hausse annuelle de près de 5 %, avec une progression mensuelle de 3 % « freinée » par les valeurs suisses et britanniques, tandis que  les bourses de la zone euro enregistrent de forts rebonds (+ 9.50 % pour l’Espagne, + 8.35 % pour l’Italie, + 5.43 % pour la France).

 

Sur le plan sectoriel, les plus fortes performances ont concerné les valeurs financières et les services aux collectivités, avec des hausses supérieures à 5 %, ce qui explique notamment la surperformance des indices de la zone euro dans lesquels ces secteurs sont largement représentés. En revanche, les valeurs défensives, plus recherchées dans les phases de baisse des marchés ont été globalement délaissées et affichent des performances mensuelles tout juste positives.

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 mars 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 5.43 % + 5.35 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 3.00 % + 4.99 %
Indice Dow Jones (en $) - 0.72 % + 4.56 %
Indice Nikkei (en Yen) - 1.10 % - 1.10 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Le comportement des marchés obligataires a été relativement heurté au cours du mois de mars. En effet, sur la première quinzaine du mois, les taux européens se sont sensiblement tendus sur l’ensemble des échéances de la courbe dans le sillage des taux américains, la Réserve Fédérale ayant entériné une nouvelle étape de resserrement lors de son comité de politique monétaire du 15 mars. À cette date, le taux de référence européen à 10 ans a atteint un plus haut de 14 mois à 0.51 %. Sur la seconde partie du mois, les incertitudes liées à l’approche de l’élection présidentielle en France et à l’imminence de la concrétisation du « Brexit » par le gouvernement britannique se sont traduites par un repli des taux européens, le taux à 10 ans terminant le mois à 0.33 %, en hausse de 12 points de base par rapport à son niveau de fin février.

 

Dans un contexte d’écarts de rendement inter pays relativement stable, la performance des indices obligataires européens sur le mois reflète la hausse des taux sur l’ensemble des échéances de la courbe, les performances des emprunts d’états étant désormais négatives pour toutes les maturités à l’issue du premier trimestre de 2017. Seules les obligations de type « crédit » conservent une performance tout juste positive grâce à la bonne tenue des sous-jacents actions.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 mars 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.14 % - 0.30 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.29 % - 0.51 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.44 % - 0.95 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.41 % + 0.18 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.09 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 mars 2017