La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Février 2017

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Les marchés financiers ont commencé l’année 2017 dans un climat nettement moins agité qu’au début de l’année précédente, les marchés restant toutefois focalisés sur les événements politiques, en particulier l’incertitude sur l’avenir de la politique américaine de commerce international, en dépit de données économiques bien orientées.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe,  la situation politique dans les principaux pays occupe largement le devant de la scène. Le menu des évènements à venir est vaste : en Italie, après le chaos ayant suivi la démission de Matteo Renzi en fin d’année, une convention du parti démocrate devrait tenir au printemps pour désigner un nouveau chef, tandis qu’en Grèce, les négociations entre le gouvernement et l’Eurogroupe doivent reprendre afin de trouver un accord final sur la dette. Au Royaume Uni, le déclenchement de l’article 50 marquant le début du processus de sortie de l’Union Européenne devrait intervenir au cours de la seconde quinzaine du mois de mars, marquant le début de négociations qui s’annoncent en tout état de cause difficiles. Enfin en France, la campagne présidentielle, scrutée avec inquiétude par les marchés financiers dans un contexte de montée des courants populistes, a pris depuis quelques semaines un tour inédit, deux des principaux candidats étant impliqués dans des enquêtes judicaires pouvant déboucher sur une éventuelle mise en examen. Cependant, les statistiques économiques publiées en février traduisent une poursuite du redressement de la conjoncture, les indicateurs avancés PMI, particulièrement dynamique, permettant d’envisager une croissance de l’ordre de 1.7 % pour 2017 dans la zone euro.

  • États-Unis

Aux États Unis, les indicateurs économiques publiés en février demeurent compatibles avec une croissance vigoureuse. En particulier, les créations d’emploi ont fortement progressé, avec 227 000 postes contre 175 000 attendus, tandis que le taux de chômage, à 4.8 %, reste cohérent avec l’objectif de relèvement progressif des taux directeurs de la Banque Centrale.

L’inflation a poursuivi sa hausse pour s’établir à 2.5 % en rythme annuel, son plus haut niveau sur les cinq dernières années. Cependant, dans un contexte politique interne délicat, dans l’attente de la mise en œuvre des mesures économique de l’Administration Trump, après les promesses radicales annoncées lors de la campagne électorale, la Réserve Fédérale a conservé un discours prudent lors de sa dernière réunion de politique monétaire. Ainsi, trois relèvements de taux seulement sont attendus pour l’ensemble de l’année 2017, le premier pouvant intervenir entre mars et mai.

  • Asie

Les dernières nouvelles en provenance d’Asie se sont révélées plutôt rassurantes, avec notamment le relèvement des taux de la Banque Centrale de Chine en début de mois, ce qui a été interprété comme un signe de confiance dans les perspectives de croissance de l’économie chinoise, et une volonté d’accentuer le contrôle de l’endettement financier. Du côté du Japon, le comité de politique monétaire de la Banque du Japon estime que l’économie amorce désormais une reprise. De ce fait, les dernières statistiques traduisent un rythme de croissance annualisée du PIB de 1 %, avec le commerce extérieur comme principal moteur.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Après un début d’année relativement calme en janvier, les marchés ont repris leur tendance haussière en février. Les actions européennes ont continué de s’apprécier en février dans le sillage des bourses américaines qui ont atteint de nouveaux sommets, tandis que les cours du Brent et ceux de l'or ont augmenté de 1 % et 3 % sur le mois. Toutefois, la faiblesse des volumes de transactions, exceptionnelle pour cette période de l’année, traduit l’attentisme des intervenants par rapport à un calendrier politique européen particulièrement chargé. Entre le début officiel du Brexit attendu pour la mi-mars, les élections présidentielles françaises début mai, et d’éventuelles élections anticipées en Italie à l’automne, le risque politique sera vraisemblablement présent sur les bourses européennes tout au long de l’année 2017.

 

Sur le plan des valeurs et des secteurs, les performances ont été largement influencées par les publications de résultats – satisfaisantes pour la plupart - , et le retour des opérations de fusions-acquisitions, certaines concrétisées comme le rachat de Mead Jonson par Reckitt Benckiser, d’autres simplement évoquées et pour le moment rejetées comme l’offre de Kraft sur Unilever ou le rapprochement entre la banque Intesa et l’assureur Generali. De ce fait, on retrouve en février les meilleures performances sur la pharmacie, les valeurs technologiques et les biens de consommation (6 % de hausse environ), tandis que la plus mauvaise performance concerne les banques qui abandonnent en février  tous leurs gains du mois précédent (-1.8 %). 

 

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 28 février 2017

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice CAC40 + 2.31 % - 0.08 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 2.99 % + 1.93 %
Indice Dow Jones (en $) + 4.77 % + 5.31 %
Indice Nikkei (en Yen) + 0.40 % - 12.4 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, l’Europe est restée une fois encore dominée par les orientations de politique monétaire de la Réserve Fédérale Américaine. Conformément aux attentes, cette dernière a décidé de laisser ses taux inchangés en février, de ce fait les taux américains ont fini le mois sur leur niveau de fin janvier, mais avec beaucoup de volatilité.  En Europe, les écarts de taux au sein de la zone euro se sont élargis pour prendre en compte le risque politique. En particulier, l’écart de taux entre la France et l'Allemagne s'est creusé de 25 pb pour atteindre son plus haut niveau depuis 2012 en raison de l’approche des élections présidentielles. Les écarts de taux italiens, espagnols et portugais se sont également élargis, à hauteur de 30 pb à 50 pb.

Ainsi, bien le taux à 10 ans européen termine le mois de février sur son niveau de fin 2016 à + 0.21 %, après une hausse sensible à + 0.46 % fin janvier, les indices obligataires européens ne reflètent que modérément cette détente des taux centraux européens du fait de  l’écartement des écarts de rendement intra zone.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 28 février 2017

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2016
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.12 % + 0.16 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.33 % - 0.33 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.52 % - 0.70 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 1.04 % + 0.70 % (secteur privé)
EONIA - 0.02 % - 0.05 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 février 2017