La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Novembre 2016

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L’élection présidentielle américaine a été sans nul doute l’évènement le plus marquant du mois de novembre, avec la désignation à la tête d’une des plus grandes économies mondiales d’un candidat républicain ouvertement  populiste, mettant en échec l’ensemble des commentateurs et des instituts de sondages qui prédisaient la veille encore du scrutin une large victoire du camp démocrate. Ainsi, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche a provoqué aux Etats Unis un choc équivalent à l’issue du référendum britannique entérinant la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, laissant un peuple américain profondément divisé à l’issue d’une campagne où les deux camps politiques se sont livrés jusqu’au bout à une lutte sans merci sur tous les fronts.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, les échéances politiques continuent de prendre le pas sur un environnement économique sans évolution majeure, les publications de novembre confirmant la persistance d’une bonne dynamique pour les principaux pays de la zone au quatrième trimestre, compatible avec les anticipations d’une croissance du PIB de la Zone Euro autour de 1.6 % pour l’ensemble de l’année 2016.

Au Royaume Uni, la décision de la Haute Cour de Justice de Londres de conditionner l’activation de l’article 50 déclenchant le processus de sortie à un vote du parlement a rajouté une nouvelle dose d’incertitude à un processus déjà bien complexe, compromettant en particulier le calendrier de sortie annoncé par le gouvernement britannique le mois précédent et qui prévoyait l’activation de l’article 50 au plus tard en mars 2017.

Enfin, plus au sud de l’Europe, l’attention des marchés se focalise en cette fin du mois de novembre sur le référendum constitutionnel italien, qui s’est malheureusement transformé au fil de la campagne en un vote de confiance à l’égard du chef du gouvernement.  En dépit des aspects positifs pour le fonctionnement de l’état italien qu’aurait l’adoption de cette réforme de la Constitution, la cote de popularité très faible de Matteo Renzi  laisse envisager un revers majeur pour l’actuel gouvernement à l’issue du scrutin du 4 décembre.

Dans cet environnement compliqué, la Banque Centrale Européenne a maintenu un ton toujours accommodant, compte tenu notamment de l’absence de tendance haussière de l’inflation sous-jacente dans un contexte de reprise économique modérée mais stable. 

  • États-Unis

Aux États-Unis, en marge de la campagne présidentielle, les données économiques publiées continuent d’étayer le scénario d’un relèvement des taux de la Banque Centrale imminent. Sur le marché du travail, le rapport sur l’emploi d’octobre fait état de 161 000 créations de postes, tandis que les chiffres d’août et septembre ont été révisés à la hausse et la hausse de 0.4 % du salaire horaire moyen conforte  le sentiment d’un raffermissement du marché de l’emploi. Sur le plan de l’activité, les données relatives à la consommation des ménages, aux stocks, aux commandes industrielles ainsi que les indicateurs avancés ISM sont également en faveur d’une dynamique satisfaisant de l’économie américaine, tandis que sur le front des prix, la hausse de l’indicateur d’inflation globale à 1.5 % (plus haut niveau depuis octobre 2014), rend crédible le scénario de retour sur le niveau de 2 % qui constitue l’objectif de la Réserve Fédérale.

  • Asie

En Asie, la reprise semble s’essouffler un peu en Chine malgré la dynamique positive qui ressort des données relatives au mois d’octobre. En particulier, la contribution du secteur du logement pourrait s’atténuer au cours des prochains mois, la Banque de Chine souhaitant resserrer les conditions de crédit face à une activité de construction qui continue de se renforcer alors que la croissance des ventes et du prix des logements a commencé à ralentir. Au Japon enfin, la Banque du Japon a reconduit à l’identique sa politique monétaire ultra accommodante dans le contexte d’une reprise économique progressive, mais freinée par une remontée toujours insuffisante de l’inflation, le calendrier fixé pour atteindre l’objectif de 2 % de l’Institution ayant été repoussé d’un an (2018) compte tenu des données constatées en cette fin 2016.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Au lendemain de l’élection américaine, les marchés d’actions ont dans un premier temps dévissé, les anticipations de l’ensemble des intervenants ayant été totalement prises à contrepied. Cependant, dès le 9 novembre, ils ont rattrapé leur recul initial en cours de journée pour clôturer largement dans le vert, le programme économique de Donald Trump étant finalement jugé de nature à accélérer la relance de l’investissement et de la consommation aux Etats Unis, avec notamment un programme ambitieux d’investissements en infrastructures combiné à une politique fiscale très accommodante. Par ailleurs, la composante inflationniste de ce programme, combinée aux anticipations de hausse des taux de la FED en décembre, a provoqué une envolée du dollar contre l’ensemble des devises, favorable aux sociétés européennes exportatrices. Les marchés ont également bénéficié du soutien du rebond des matières premières, avec notamment une remontée des cours du pétrole après un net repli en début de mois, dans l’attente d’une réunion en fin de mois des pays producteurs de pétrole dans le but de ratifier un accord de limitation de l’offre afin de soutenir les prix. A fin novembre, la totalité des bourses mondiales affichent une évolution positive, mais la hausse est sensiblement plus marchés pour la bourse américaine qui bénéficie de l’effet de relance « Trump » et la bourse japonaise qui voit avec soulagement le Yen s’affaiblir contre le Dollar.

En Europe, l’indice Stoxx50 de principales valeurs européennes qui avait débuté le mois par une baisse de 3.3 % dès la première semaine, a bénéficié dans une moindre mesure du rallye post élection américaine, avec une hausse modérée de + 0.60 %. Cette progression de l’indice européen masque encore une fois des fortunes diverses, avec par exemple une progression de 1.53 % des actions françaises, majoritairement bénéficiaires d’une hausse du dollar, tandis que la bourse espagnole, dont les principales sociétés sont largement exposées à l’Amérique Latine (pour laquelle l’impact du programme de Donald Trump est très négatif), recule de près de 5% sur le mois.

Sur le plan sectoriel, les plus fortes hausses ont été enregistrées par le secteur des produits de base (+ 10.2 %), dans le sillage de la hausse des prix du pétrole et des métaux, suivi par les assurances et les banques (+ 6.3 % et + 4.1 % respectivement) profitant de la hausse des rendements obligataires avec un retour bienvenu des taux européens en territoire positif, et enfin les valeurs industrielles (+ 3.2 %) sur le thème de la relance de l’investissement d’infrastructures aux Etats Unis. En revanche, les valeurs pénalisées par la hausse des taux ont enregistré une forte baisse sur le mois, ainsi les services aux collectivités et les valeurs de télécommunication reculent de 7.3 %  et 5.5 % respectivement.   

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 novembre 2016

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2015
Indice CAC40 + 1.53 % - 1.27 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 0.60 % - 8.71 %
Indice Dow Jones (en $) + 5.41 % + 9.75 %
Indice Nikkei (en Yen) + 5.07 % - 3.81 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Sur les marchés obligataires, la remontée des taux initiée le mois précédent s’est poursuivie avec la confirmation d’une forte probabilité de relèvement des taux américains lors de la réunion de décembre de la FED, renforcée par l’aspect inflationniste du programme du futur hôte de la Maison Blanche . Ainsi au 30 novembre, le taux de référence européen à 10 ans progresse de 11 points de base, à 0.28 % contre à + 0.17 % fin octobre, après avoir atteint un rendement de 0.40 % le 14 novembre dans le sillage de la remontée des taux américains.    Malgré cette hausse modeste des taux centraux sur l’ensemble du mois, les indices obligataires européens reculent sensiblement  sur la période, pénalisés par de nouvelles tensions sur les rendements des pays périphériques sud de l’Europe, notamment l’Italie et l’Espagne, dans un contexte de référendum à venir pour Italie et de forte sensibilité à l’Amérique Latine pour l’Espagne.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 novembre 2016

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2015
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.04 % + 0.12 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans - 0.41 % + 0.78 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans - 1.05 % + 1.37 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans - 0.23 % + 3.09 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.29 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 novembre 2016