La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Octobre 2016

Imprimer Diminuer la taille de la police Agrandir la taille de la police

Le début de ce dernier trimestre de l’année 2016 a été une fois encore marqué par l’influence des enjeux politiques sur les marchés financiers, faute d’inflexion majeure du scénario économique. En effet, les anticipations pour l’année 2016 demeurent ancrées sur la perspective d’une croissance mondiale modérée, de l’ordre de 3%, principalement tirée par les pays émergents (+ 4.2 %) tandis que les économies développées devraient enregistrer une croissance moyenne sensiblement plus faible, de l’ordre de 1.6 %.

Alors que la course à l’investiture présidentielle américaine semble particulièrement serrée a l’approche de l’échéance du 8 novembre, les messages des Banques Centrales sont plus que jamais scrutés par les intervenants, un nouveau relèvement des taux de la Réserve Fédérale Américaine étant désormais largement anticipé lors de la réunion de décembre.   

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Europe, l’incertitude sur le calendrier du Brexit s’est un peu atténuée avec l’annonce du gouvernement britannique de sa décision de déclencher l’article 50 marquant le début du processus de sortie d’ici la fin du mois de mars 2017. Si cette annonce a provoqué un nouvel affaiblissement de la Livre Sterling, les indicateurs économiques publiés en octobre reflètent néanmoins une économie toujours résiliente à ce stade du processus.

Du côté de la zone Euro, les données économiques continuent de refléter une bonne dynamique de l’activité, avec notamment une hausse des indicateurs avancés PMI manufacturier et services sur les niveaux de 53.3 et 53.5 respectivement, compatibles avec des projections de croissance du PIB d’environ 0.4 % sur le trimestre.

Comme prévu, la Banque Centrale Européenne a maintenu le statu quo lors de sa réunion d’octobre, sans toutefois exclure de nouvelles mesures en décembre en fonction de l’évolution des principaux paramètres, le rythme de l’inflation en particulier n’ayant toujours pas atteint le niveau souhaité par l’Institution.

Enfin, sur le front politique, alors que l’incertitude persiste sur l’issue des réformes majeures souhaitées par le gouvernement de Matteo Renzi, les sondages demeurant très confus quant au vote des italiens lors du référendum constitutionnel prévu pour le 4 décembre, la situation en Espagne semble enfin se débloquer, un accord ayant été trouvé pour la formation d’un gouvernement minoritaire sous la houlette de Mariano Rajoy, chef du précédent gouvernement.

  • États-Unis

Aux États-Unis, la majorité des données économiques publiées reflètent la dynamique positive de l’économie, avec notamment une croissance solide du PIB au 3e trimestre (+ 2.9 %), marquée par une bonne tenue de la consommation, un rebond de l’investissement et un effet de stocks positif, donc plus équilibrée que celle du trimestre précédent (presque exclusivement tirée par la consommation).

En revanche, l’évolution du marché du travail s’est révélée décevante, avec des créations d’emplois inférieures aux attentes et une légère remontée du taux de chômage à 5 %. La situation de l’emploi étant au cœur du processus de décision de la Réserve Fédérale pour la prochaine étape de remontée des taux, les chiffres publiés en octobre sont de nature à maintenir le clivage au sein de la Banque Centrale entre les partisans d’une ligne dure de politique monétaire et ceux favorables au maintien d’une politique ultra accommodante, et ce au minimum jusqu’à la réunion de novembre, bien qu’un relèvement en décembre semble désormais acquis.

  • Asie

Si la situation n’évolue guère au Japon, toujours confronté à une croissance atone dans un contexte d’inflation négative, la reprise semble s’avérer plus vigoureuse que prévu en Chine, avec une progression du PIB de 6.3 % au 3e trimestre. La plupart des autres indicateurs traduisant un redressement ou une stabilisation des différents pans de l’économie chinoise, celle-ci  devrait s’affirmer une fois encore en 2016 comme l’un des principaux moteurs de la croissance mondiale.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Les marchés d’actions ont connu des performances très disparates en octobre, avec un léger recul du marché américain (incertitude électorale), une quasi stabilité des marchés européens et une forte hausse des bourses chinoise (bonnes surprises économiques)  et japonaise (forte baisse du Yen favorisant les exportations).

De manière générale, l’évolution des marchés d’actions a été largement influencée par les considérations macro et micro-économiques et notamment les anticipations de remontée des taux d’intérêt et des matières premières. Le mois d’octobre a ainsi connu une évolution en trois temps majeurs : une première période de baisse sensible du 1er au 13 octobre avec des données économiques décevantes, l’anticipation d’un relèvement des taux américains en décembre et un fort rebond du pétrole sur des rumeurs d’entente des pays producteurs, puis un rebond sensible jusqu’au 24 octobre mené par les valeurs financières et les matières premières, grâce au statu quo de la BCE et le rebond des données chinoises et enfin une nouvelle rechute au cours de la dernière semaine à l’approche de l’échéance de l’élection présidentielle aux Etats Unis.

En Europe, le recul global d’environ 1 % de l’indice Stoxx50 de principales valeurs européennes masque des situations locales très diverses, avec en particulier un fort rebond des bourses italienne et espagnole (+ 4.4 % et + 4.1 % respectivement), et une baisse sensible du marché suisse (- 3.8 %) due à des déceptions sévères sur les résultats des principales valeurs de l’indice (Nestlé, laboratoires pharmaceutiques).

Les performances sectorielles ont été largement influencées par la saison de publication des résultats qui bat son plein, avec ici encore des chiffres très contrastés. Ainsi, les valeurs bancaires ont enregistré la meilleure performance mensuelle (+8.5%), portées par de bonnes publications mais également par la perspective d’une normalisation de l’inflation et des taux d’intérêt, ce secteur ayant été jusqu’alors fortement pénalisé par le passage en territoire négatif des taux européens. Les produits de base, l’automobile et les valeurs pétrolières (+ 2.8 % à + 5.5 %) ont également profité de la remontée des cours du pétrole et des matières premières, tandis que les secteurs de l’alimentation, de la technologie et les valeurs pharmaceutiques ont enregistré des reculs de plus de 6 %, fortement pénalisés par des résultats décevants des principaux acteurs.

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 octobre 2016

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2015
Indice CAC40 + 1.37 % - 2.76 %
Indice Stoxx 50 (Europe) - 1.05 % - 9.26 %
Indice Dow Jones (en $) - 0.91 % + 4.12 %
Indice Nikkei (en Yen) - 5.93 % - 8.45 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Septembre s’est révélé un nouveau mois de calme plat sur les marchés obligataires, sans inflexion majeure de l’environnement économique, ni de la politique monétaire des Banques Centrales. Au 30 septembre, le taux de référence européen à 10 ans s’inscrit néanmoins en léger recul, à -0.12% contre -0.06% fin août. Compte tenu d’un modeste écartement constaté

sur les écarts de rendement des pays périphériques, les indices obligataires enregistrent une faible progression sur l’ensemble des échéances de la courbe, la performance annuelle des placements obligataires se comparant très favorablement à celle des actions sur les trois premiers trimestres de l’année.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 octobre 2016

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2015
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.20 % + 0.16 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans - 0.67 % + 1.19 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans - 1.32 % + 2.45 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans - 0.29 % + 3.33 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.26 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 octobre 2016