La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Septembre 2016

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Au cours du mois de septembre, en l’absence de nouvelles marquantes sur le front économique, l’attention des marchés s’est de nouveau reportée sur les Banques Centrales, avec notamment deux réunions importantes de politique monétaire tenues le même jour (21 septembre) aux Etats Unis et au Japon, la Réserve Fédérale Américaine laissant entrevoir à cette occasion un relèvement de ses taux en décembre, tandis que la Banque du Japon a surpris en introduisant une nouvelle mesure destinée à contrôler les taux à long terme.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En Zone Euro, les indicateurs avancés publiés en septembre ont donné quelques signes d’essoufflement par rapport aux chiffres de l’été, mais ils demeurent globalement solides, laissant anticiper une croissance du PIB relativement soutenue au troisième trimestre. Les indicateurs d’inflation, stables le mois précédent, ont progressé en zone Euro, à 0.4 % en glissement annuel, ce qui constitue un plus haut depuis octobre 2014 et conforte les anticipations de la BCE d’un niveau d’inflation autour de 1% d’ici la fin de l’année. Dans ce contexte, cette dernière a confirmé le statu quo de sa politique monétaire, tout en reconnaissant que le niveau négatif des taux d’intérêt commençait à peser sur le bon déroulement de son programme d’assouplissement quantitatif.

Au Royaume Uni, aucun tassement de la croissance n’a pour le moment été constaté en dépit de la forte baisse de la devise depuis le référendum de la fin juin. Cette vigueur de la croissance a surpris la Banque d’Angleterre qui a également maintenu inchangée sa politique monétaire, laissant ainsi planer le doute sur la dernière baisse des taux qu’elle avait prévu de réaliser d’ici la fin de l’année.

  • États-Unis

Aux États Unis, dans un contexte préélectoral (l’élection présidentielle interviendra début novembre), les indicateurs économiques publiés se sont révélés décevants, avec notamment un indicateur ISM manufacturier à 51.4 (contre 55.5 le mois précédent), son plus bas niveau depuis février 2010. Du côté du marché immobilier, la décrue des ventes de logements  observée en juillet s’est poursuivie au mois d’août (-7.9 % pour les ventes de logements  neufs), tandis que les statistiques du marché de l’emploi sont également ressorties au-dessous des anticipations. Au-delà de ces variations mensuelles décevantes, la croissance sous-jacente des emplois est restée forte (180 000 créations en moyenne mensuelle depuis le début de l’année), ce qui constitue une situation de plein emploi du point de vue de la Réserve Fédérale. De fait,  cette dernière a souligné lors du sa réunion du 21 septembre  que « les risques à court terme sur les perspectives économiques semblent désormais équilibrés », ouvrant ainsi officiellement la voie à un relèvement des taux directeurs lors de la prochaine réunion de politique monétaire de décembre.

  • Asie

En Asie, les dernières données sur  la croissance chinoise sont plus rassurantes, avec notamment une progression satisfaisante de la production industrielle et des ventes au détail. En revanche, l’appréciation incontrôlable de certains actifs (immobilier notamment) donne quelques signes d’inquiétude, la Banque Centrale commençant à évoquer la formation d’une bulle. Au Japon, après un premier semestre atone, un frémissement de la croissance semble se dessiner, bien que l’inflation, en territoire négatif depuis six mois (-0.5 % en août), demeure une source de préoccupation pour la Banque du Japon. Cette dernière a surpris les marchés en reprenant le contrôle de la courbe des taux en s’engageant à maintenir le rendement des taux à 10 ans autour du niveau  de zéro. 

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Dans la foulée de deux mois d’été plutôt calmes sur les marchés financiers, le mois de septembre se solde sur un bilan globalement neutre, même si la relative stabilité  des indices masque des situations plus contrastées sur les différents compartiments des marchés.

Ainsi, la première partie du mois a vu le rebond des sociétés dites de type « value », ce qui comprend principalement des entreprises sensibles au cycle économique et dont le niveau de valorisation actuel est faible, au détriment des valeurs dites « défensives » (entreprises de grande qualité, en général très diversifiées au plan international). Ce mouvement s’est appuyé à la fois sur des anticipations de hausse imminente des taux directeurs américains (le relèvement des taux étant vu comme une confirmation de la vigueur du cycle économique), mais aussi sur un retour du pétrole sur le niveau des 50$ par baril, avec les premières réelles discussions des pays producteurs pour soutenir le niveau des cours et la baisse des stocks de brut aux Etats Unis. Cependant, sur la seconde partie du mois, ces tendances se sont retournées avec le retour de l’aversion au risque qui a pénalisé principalement les valeurs cycliques et financières. Une conférence de la BCE, au cours de laquelle Mario Draghi a précisé que l’Institution ne discutait pas actuellement d’une extension de son programme d’assouplissement quantitatif, a servi de déclencheur à ce mouvement de défiance,  renforcé par la suite par la perspective du référendum italien sur la Constitution (qui a remis sur le devant de la scène les craintes sur la solidité du système bancaire transalpin), tandis qu’en fin de mois, les déboires judiciaires de la Deutsche Bank, menacée d’une amende de 14 milliards de dollars par la justice américaine, ont provoqué un mouvement de panique sur les valeurs financières européennes. Fin septembre, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes limitant son recul mensuel à -0.69 %, après s’être inscrit en hausse de 2 % sur la première semaine du mois par rapport à son niveau de fin août, puis en baisse de près de 2 % la semaine suivante (soit un recul de 4% environ sur la deuxième semaine de septembre).

Sur le plan sectoriel, les valeurs liées aux produits de base (pétrole, mines et métaux) enregistrent la  meilleure performance (+10.4 %) dans le sillage du rebond du baril et les secteurs de la technologie,  de la construction, et de la consommation en général enregistrent des performances modérément positives. En revanche, les valeurs industrielles, pharmaceutiques, la chimie, les télécom et surtout les banques terminent le mois sur des performances négatives, entre -0.3 % (industrielles) et -2.7 % (banques).

  • Résultats des principales bourses mondiales au 30 septembre 2016

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2015
Indice CAC40 + 0.23 % - 4.07 %
Indice Stoxx 50 (Europe) - 0.69 % - 8.29 %
Indice Dow Jones (en $) - 0.50 % + 5.07 %
Indice Nikkei (en Yen) - 2.59 % - 13.58 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

Septembre s’est révélé un nouveau mois de calme plat sur les marchés obligataires, sans inflexion majeure de l’environnement économique, ni de la politique monétaire des Banques Centrales. Au 30 septembre, le taux de référence européen à 10 ans s’inscrit néanmoins en léger recul, à -0.12 % contre -0.06 % fin août. Compte tenu d’un modeste écartement constaté

sur les écarts de rendement des pays périphériques, les indices obligataires enregistrent une faible progression sur l’ensemble des échéances de la courbe, la performance annuelle des placements obligataires se comparant très favorablement à celle des actions sur les trois premiers trimestres de l’année.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 septembre 2016

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2015
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.04 % + 0.36 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.05 % + 1.87 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.08 % + 3.82 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.00 % + 3.62 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.23 % (taux sans risque)
Mis à jour le 1 septembre 2016