La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Mars 2019

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Au terme du premier trimestre de 2019, les marchés financiers continuent d’afficher une santé insolente, en dépit d’un environnement macroéconomique qui soulève de sérieuses interrogations quant à la suite des évènements. Mais entre le verre à moitié vide et celui à moitié plein, il faut bien choisir et il semblerait que les investisseurs aient décidé pour l’heure de privilégier le scénario optimiste. Sur le front politique, les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont poursuivies après la date butoir théorique du 1er mars, mais aucun accord n’a encore été finalisé. L’échéance du  Brexit  (qui ressemble de plus en plus à une mauvaise farce) a été officiellement reportée au 12 avril ou au 22 mai, selon que l’accord avec l’Union Européenne est adopté ou non par le Parlement britannique, mais les derniers développements rendent de plus en plus probable l’hypothèse désastreuse d’une sortie sans accord du Royaume Uni.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En zone Euro, les données publiées traduisent une situation économique toujours mitigée. L’indicateur avancé PMI de mars a légèrement reculé, avec un sous-indice des services relativement stable tandis que celui de l’industrie manufacturière est ressorti bien en deçà des attentes à 47.6, principalement à cause de l’Allemagne (en forte baisse de 47.6 à 44.7), confirmant ainsi la poursuite de la récession industrielle.  Lors de sa réunion du 7 mars, la Banque Centrale Européenne a, tout comme son homologue américaine, sensiblement adouci le ton de sa communication. À ce jour, il n’est plus question de remonter les taux en zone euro. L’Institution est inquiète du ralentissement économique en zone euro et  réfléchit désormais à une injection supplémentaire de liquidités par le biais d’un nouveau programme de  prêts à long terme à destination des banques (dit programme « TLTRO 3 ») à partir de septembre 2019 et jusqu'à 2021, afin de garder des conditions de crédit favorables et de stimuler l'économie. Mettant en avant le ralentissement du commerce mondial et les incertitudes géopolitiques, elle a par ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de croissance de la zone euro pour 2019 à +1.1% contre +1.7%. Les prévisions d'inflation ont également été abaissées  à 1.2% contre 1.6% précédemment. Du côté du Brexit, l’accord proposé par Theresa May a été une nouvelle fois rejeté par le Parlement, mais les députés ont également exclu toute sortie sans accord, comme tout nouveau référendum. Les britanniques ont désormais jusqu’au 12 avril pour prendre une décision, sachant qu’un nouveau report après le 22 mai les contraindraient à prendre part aux élections européennes du 23 mai, ce qui semble inenvisageable dans l’optique du divorce !

  • États-Unis

Aux États-Unis,  l’échéance du 1er mars, date à partir de laquelle les droits de douane sur les importations chinoises devaient monter à 25%, avait été prolongée dans l’optique de parvenir à un accord d’ici à la fin du mois. Or, la fin du mois est arrivée, et malgré un certain nombre d’avancées, les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ne sont toujours pas terminées, de nouveaux rendez-vous étant programmés en avril. Du côté des statistiques, les créations d’emplois se sont quasiment figées en février, avec seulement 20 000 nouveaux postes, contre 311 000 en janvier. Le taux de chômage a cependant reculé à 3.8% en raison d’un effet de distorsion dû à la fin du blocage de l’administration fédérale, tandis que le salaire horaire moyen s’est redressé de 0.4%, signe de l’accélération de la croissance des salaires. La réunion de mars du comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale a débouché sur une position plus accommodante que prévu,  l’Institution ayant révisé en baisse ses prévisions de croissance du PIB 2019 à +2,1% contre +2,3% en décembre. Elle a de ce fait  renoncé aux deux relèvements de taux prévus en 2019 et les anticipations ne font dorénavant apparaître qu’une seule hausse d’un quart de point en 2020 et aucune en 2021. Le comité de politique monétaire a également annoncé la fin progressive de la politique de réduction du bilan de la Réserve Fédérale à partir du mois de mai, l’opération devant être achevée fin septembre 2019.

  • Asie

En Chine, le gouvernement a confirmé l’abaissement de l’objectif de croissance entre 6% et 6.5%, affichant  une volonté politique d’assouplissement  parallèlement au maintien annoncé de la politique de réduction des risques. Les dernières statistiques ont confirmé le ralentissement de l’économie, les tensions commerciales pesant  toujours sur les exportations tandis que la demande intérieure reste morose. Bien que la croissance des ventes de détail se soit stabilisée, la reprise pourrait encore se faire attendre en l’absence d’amélioration du marché de l’emploi. Enfin au Japon, le comité de politique monétaire de la Banque du Japon a encore une fois opté pour le statu quo à l’issue de sa réunion de mars, compte tenu d’une demande intérieure qui reste soutenue et d’un marché du travail toujours tendu.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Le premier trimestre de 2019 s'est avéré très rentable pour les marchés d’actions mondiaux qui affichent fin mars de solides performances. En Europe, les indices ont poursuivi leur mouvement de hausse de manière quasi linéaire, malgré quelques tensions en fin de mois en raison de la publication de données économiques décevantes. Le marché anticipe toujours un dénouement plus favorable de la crise commerciale sino-américaine tandis que si le Brexit reste sur le devant de la scène, le scénario favorable d’un accord à l’arraché reste privilégié par les marchés d’actions. Par ailleurs, le ton plus accommodant des Banques Centrales a largement contribué à soutenir les places financières dans leur ensemble.  Ainsi, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes s’adjuge une hausse de 3.35% en mars, terminant le trimestre sur une confortable progression de 13.93% après avoir frôlé les +15% le 19 du mois. Contrairement aux mois de janvier et février au cours desquels les valeurs cycliques surperformaient les autres compartiments, les secteurs défensifs (consommation non cyclique, alimentaire, télécom…), sensibles au recul des taux, ont surperformé en mars (+4 à +6.6%), avec des taux européens revenus proches des plus bas historiques de 2016. De même, les secteurs présentant une bonne visibilité de leur croissance comme les services  de technologie et logiciels ont progressé de près de 4%. Le secteur automobile (-2.8%) a pour sa part souffert de rumeurs de mesures protectionnistes aux États-Unis et de quelques publications de résultats décevantes. Lanterne rouge du marché,  les Banques sont de nouveau en fort repli (-4.4%) suite aux mouvements des taux qui assombrissent encore l’environnement opérationnel de ce secteur.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 mars 2019

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice CAC40 + 2.10 % + 13.10 %
Indice Stoxx 50 (Europe) + 3.35 % + 13.93 %
Indice Dow Jones (en $) + 0.05 % + 11.15 %
Indice Nikkei (en Yen) - 0.84 % + 5.95 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

En mars, les marchés obligataires ont réagi très favorablement à l’assouplissement du discours des Banques Centrales, après deux mois plutôt difficiles pour ce compartiment de la gestion. La détérioration d’un certain nombre de données macro-économiques, notamment en Europe, a également contribué au mouvement de reflux des taux d’intérêt sur l’ensemble de la courbe européenne, le taux de référence à 10 ans de la zone euro terminant le mois  en territoire négatif pour la première fois depuis octobre 2016, à -0.07% contre +0.19% fin février. De ce fait, la performance des emprunts d’état européens est positive en mars pour  l’ensemble des maturités. Au terme du premier trimestre 2019, seules les obligations très courtes (1 à 3 ans) affichent une performance légèrement négative, le reste des placements obligataires s’inscrivant en territoire positif, la performance étant toutefois nettement plus modeste que celle des placements actions. Les obligations de type crédit ont de nouveau profité de la forte hausse des sous-jacents actions ce qui a accentué l’écart de performance avec les emprunts d’états de maturité équivalente (+2.12% contre +0.80%).

  • Résultats des principaux indices obligataires au 31 mars 2019

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice BofA ML 1/3 ans + 0.18 % - 0.05 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.59 % + 0.80 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 1.14 % + 1.88 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans + 0.92 % + 2.12 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.09 % (taux sans risque)
Mis à jour le 10 avril 2019