La note de conjoncture économique de PRO BTP FINANCE - Mai 2019

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En mai, le Président Trump fait ce qui lui plaît ! De fait, le ton est monté dans les interminables négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine : les deux superpuissances économiques se sont mutuellement infligées de nouveaux droits de douane et ont menacé de prendre d’autres sanctions. Dans le même temps, le Président américain a annoncé une hausse de la taxation des biens en provenance du Mexique dès le 10 juin si aucune mesure n’est prise par le gouvernement mexicain pour enrayer l’immigration illégale. En revanche, l'échéance des taxes à l’importation sur les automobiles européennes a été repoussée de six mois. Du côté du Royaume-Uni, Theresa May a confirmé officiellement qu’elle quitterait ses fonctions le 7 juin, lançant la course à sa succession. Autre sujet sensible du mois, les élections européennes se sont soldées par un résultat globalement conforme aux attentes, mais avec presque un quart des sièges gagnés par les Verts et les partis libéraux, le raz de marée populiste redouté par les marchés a été évité.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE

  • Europe

En zone euro, les enquêtes de confiance se sont globalement stabilisées en mai. L’activité industrielle s’est de nouveau contractée alors que les ventes au détail demeurent atones. La Commission Européenne a publié ses prévisions de printemps, avec des projections de croissance et d'inflation globalement similaires à celles du consensus. Ainsi, l’indice du sentiment économique a rebondi à 105,1 en mai, tandis que le moral des ménages s’est également amélioré. Le point le plus intéressant concerne les finances publiques. En effet, compte tenu de ses prévisions de dette et déficit, une procédure d’infraction sera sûrement déclenchée contre l’Italie alors que la France, l’Espagne et la Belgique pourraient ne recevoir qu’un avertissement.  Sur le front politique, le délai de 6 mois accordé à l’Europe par Donald Trump pour l’implémentation de droits de douanes dans le secteur automobile a offert un répit bienvenu aux champions européens du secteur. Par ailleurs, les élections européennes ont globalement favorisé le processus d’intégration européenne avec la montée en puissance des partis pro-intégration (Verts, libéraux-centristes et démocrates),  mais ont fragilisé la situation au niveau national avec notamment une montée significative des partis populistes d’extrême droite  en France et en Italie. Enfin, Outre-manche, la démission de Theresa May nourrit davantage les incertitudes liées au Brexit.  Après avoir envisagé de proposer une « toute nouvelle offre » au Parlement avec un projet d’union douanière temporaire et la possibilité d’un nouveau referendum, elle a finalement annoncé qu’elle quitterait ses fonctions le 7 juin, ouvrant la voie la probable nomination d’un nouveau Premier Ministre issu du clan des partisans d’un « Brexit dur ».

  • États-Unis

Aux États-Unis, les enquêtes de confiance dans l’industrie publiées en mai traduisent une  légère dégradation, mais le sentiment des consommateurs a rebondi sur la même période. Du côté des données réelles, l’inflation est restée inchangée à 1,6% en avril et la dynamique du marché de l’emploi demeure soutenue : le taux de chômage est tombé à 3,6% (contre 3.8% le mois précédent) et le salaire horaire moyen a légèrement accéléré par rapport au mois dernier (+0,2% contre +0,1%). Enfin, la contraction des ventes au détail s’est arrêtée. Sur le front politique, la guerre commerciale sino-américaine s’est envenimée avec l’implémentation de nouveaux droits de douane de chaque côté. Washington a relevé de 10% à 25% les droits de douane applicables à 200 milliards d’importations depuis la Chine et les représailles annoncées par Pékin concernent 60 milliards d’importations américaines à partir du 1er juin. De plus, le Bureau du commerce américain a prévu une audience en juin avec la menace d’imposer des droits de douane de 25% sur 300 milliards supplémentaires de marchandises importées. Par ailleurs, la mise sous embargo par les États-Unis du géant Huawei repousse davantage la perspective d’une résolution favorable. Enfin de nouvelles tensions sont apparues avec le Mexique (problématique migratoire) et l’Inde (problématique d’accès au marché domestique). Dans ce contexte tendu, la Réserve Fédérale a procédé à une réduction technique de ses taux pour ramener sa fourchette d’objectif entre 2,25% et 2,30%. Pour autant, l’Institution ne juge pas nécessaire d’ajuster sa politique monétaire, mais son Président Jérôme Powell a signalé qu'une inflation constamment inférieure à l’objectif pourrait provoquer une réaction dans le sens de l’assouplissement monétaire.

  • Asie

Enfin en Asie, le sursaut du mois de mars n'était qu’une illusion en Chine, où les nouvelles  statistiques économiques ont été très décevantes. Au-delà de ces résultats volatils, il semble néanmoins que l'économie se stabilise progressivement, bien que les tensions commerciales récentes nuisent réellement au secteur manufacturier, aux exportations, à la production et à l’investissement. Dans le même temps, l'économie japonaise a continué d’enregistrer une croissance positive au 1er trimestre (+0.5%), avec une forte contribution du commerce extérieur (+0.4%).  Cette hausse n’est cependant due qu’à des facteurs techniques, à savoir un recul sensible des importations réelles, les moteurs de la demande intérieure présentant des signes de faiblesse en raison des incertitudes de l'économie et des marchés mondiaux depuis le début de l’année.

 

MARCHÉS D'ACTIONS

  • Évolution

Le mois de mai  2019 n’a pas fait mentir le vieil adage boursier « Sell in may and go away ! » (Vend en mai et va voir ailleurs...). En effet, après quatre mois d’une hausse ininterrompue qui avait permis d’effacer (et au-delà) les pertes de la fin 2018,  les marchés d’actions ont subi une forte correction le mois dernier, affaiblis principalement par les inquiétudes entourant l’impact du conflit commercial opposant la Chine aux États-Unis, et ce alors que la saison de publication des chiffres d’affaires et des résultats trimestriels se poursuit avec toujours quelques bonnes surprises et assez peu de déceptions, compte-tenu d’attentes modestes.

Par ailleurs, la baisse a été généralisée pour les bourses mondiales, autour de 6% en moyenne, mais elle a été particulièrement violente sur les places boursières affectées par une problématique particulières (plus de 9% en Chine et en Italie par exemple). Ainsi, l’indice Stoxx50 des principales valeurs européennes abandonne sur le mois 4.07%, une performance somme toute honorable, la baisse ayant été atténué par la résistance de la bourse suisse (-2.52%), moins directement affectée par les aléas de la politique européenne et refuge traditionnel des investisseurs dans les phases de turbulences généralisées.

Le retour de l’aversion au risque s’est traduit par une inversion des performances sectorielles par rapport à celles du mois d’avril et du début d’année. Tous les secteurs se sont inscrits en baisse sur le mois (11 secteurs affichent un repli de plus de 5% et 2 secteurs chutent de plus de 10%). Les secteurs cycliques ont de nouveau sous-performé l’indice large et plus encore les secteurs défensifs et les secteurs sensibles aux taux d’intérêt. Ainsi l’automobile (-13.7%) affiche la plus forte baisse avec le regain de tensions commerciales. Les banques rechutent (-11.6%) en raison de leur prudence dans un contexte de taux d’intérêts durablement bas en Europe tandis que le secteur de la distribution (-9.9%) est affecté par des prises de bénéfices sur quelques valeurs phares (Kering, Inditex et Tesco).  Dans ce contexte plus incertain, les secteurs défensifs surperforment donc l’indice : Alimentation et boissons          (-0.1%), valeurs pharmaceutiques (-1.9%), Services aux collectivités (-2.1%), Télécommunications (-3.4%) ainsi que l’Immobilier (-1.4%) en raison de la baisse des taux.

 

En mai, la chute des actions s’est traduite par l’habituel repli des investisseurs sur les placements obligataires, donnant lieu à une baisse généralisée des taux. Sur la courbe européenne, en léger aplatissement sur le mois, ce recul des taux a concerné l’ensemble des échéances. En particulier, le rendement à 10 ans du Bund, qui constitue le taux de référence de la zone Euro, s’est de nouveau enfoncé en territoire négatif, à-0.20% le 31 mai contre +0.01% fin avril. La baisse des taux n’a cependant pas été intégralement répercutée sur la performance des emprunts d’état européens qui ont pâti d’un écartement des écarts de rendement des pays périphériques de la zone euro. En particulier, le différentiel de rendement  de la dette italienne avec le taux de référence s’est élargi de 30 points de base, sous la menace de sanctions de la Commission Européenne pour cause de non-respect de ses engagements budgétaires. Enfin les obligations du secteur privé ont été pénalisées sur le mois par la forte correction de leurs sous-jacents actions, la performance cumulée depuis le début de l’année restant néanmoins supérieure à celle des emprunts d’état de maturité comparable.

 

  • Résultats des principales bourses mondiales au 31 mai 2019

 

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice CAC40 - 6.78 % + 10.08 %
Indice Stoxx 50 (Europe) - 4.07 % + 12.77 %
Indice Dow Jones (en $) - 6.69 % + 6.38 %
Indice Nikkei (en Yen) - 7.45 % + 2.93 %

 

MARCHÉS OBLIGATAIRES

  • Évolution

En mai, la chute des actions s’est traduite par l’habituel repli des investisseurs sur les placements obligataires, donnant lieu à une baisse généralisée des taux. Sur la courbe européenne, en léger aplatissement sur le mois, ce recul des taux a concerné l’ensemble des échéances. En particulier, le rendement à 10 ans du Bund, qui constitue le taux de référence de la zone Euro, s’est de nouveau enfoncé en territoire négatif, à-0.20% le 31 mai contre +0.01% fin avril. La baisse des taux n’a cependant pas été intégralement répercutée sur la performance des emprunts d’état européens qui ont pâti d’un écartement des écarts de rendement des pays périphériques de la zone euro. En particulier, le différentiel de rendement  de la dette italienne avec le taux de référence s’est élargi de 30 points de base, sous la menace de sanctions de la Commission Européenne pour cause de non-respect de ses engagements budgétaires. Enfin les obligations du secteur privé ont été pénalisées sur le mois par la forte correction de leurs sous-jacents actions, la performance cumulée depuis le début de l’année restant néanmoins supérieure à celle des emprunts d’état de maturité comparable.

  • Résultats des principaux indices obligataires au 30 avril 2019

  Sur 1 mois Depuis le 31/12/2018
Indice BofA ML 1/3 ans - 0.02 % + 0.10 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 3/5 ans + 0.17 % + 1.02 % (emprunts d’État)
Indice BofA ML 5/7 ans + 0.47 % + 2.47 % (emprunts d’État)
Indice Barclays 3/5 ans - 0.21 % + 2.51 % (secteur privé)
EONIA - 0.03 % - 0.15 % (taux sans risque)
Mis à jour le 7 juin 2019