Réussir sa création d’entreprise : un exemple parlant

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Maéva Parent, 35 ans, est couvreur dans une petite entreprise qu’elle dirige, à Scaër, dans le Finistère. Une aventure née d’un stage de découverte qui a agi chez elle comme un révélateur. Elle nous raconte son étonnant parcours, savant mélange d’une détermination sans faille et de prises de risques.

portrait-couvreuse-s.jpgIl y a encore dix ans, Maéva Parent était une jeune diplômée en design, matériaux et modélisation. Son futur professionnel était tout tracé : ce serait dessinateur projeteur. Sauf qu’après une année passée dans un bureau d’étude, la jeune Finistérienne a souhaité rapidement revoir ses plans. « Rester toute la journée devant un ordinateur, ce n’est pas moi. Du jour au lendemain, j’ai tout laissé tomber », se remémore-t-elle.

 

Une révélation

À la maison, Maeva se met à compulser les petites offres d’emploi. Elle tombe alors sur une offre de stage dans le secteur de la couverture. Ces trois semaines passées au sein d’une PME sont pour Maéva une révélation. « Je me suis rendue compte que ce métier était tout ce dont j’avais toujours rêvé : travailler en extérieur, faire quelque chose de mes mains, me dépenser ». Et, fatalement, tutoyer les cimes. Ça ne fait pas peur à Maéva, bien au contraire, elle qui a toujours affectionné l’escalade. L’essai est plus que concluant : l’entreprise embauche la jeune femme en CDI, tandis qu’elle poursuit son apprentissage à l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes).

 

Une entreprise qui embauche

Au bout de quelques années, Maéva pose les ardoises comme on pose ses valises. Mais l’ambiance s’est dégradée et elle décide de claquer la porte. Elle se retrouve alors face à un dilemme : « Soit je me mettais à mon compte, soit je partais rejoindre une autre entreprise ». Maéva suit sa première intuition. Avec une minuscule subvention de la banque et le soutien financier de son mari, responsable de la sécurité dans une enseigne de bricolage, elle monte son entreprise. Nous sommes en 2017. Six mois plus tard, elle embauche son premier apprenti. La roue est enclenchée. Quatre ans sont passées et les effectifs de l’entreprise se sont enrichis : elle compte aujourd’hui, sept salariés, six couvreurs et une administrative. Cependant, Maéva ne compte pas faire grossir davantage son entreprise, elle dont le premier souci est de rester au contact du terrain : « Je préfère me limiter à deux ou trois équipes de couvreurs maximum en simultané. Je tiens à garder un pied sur les chantiers ».

 

Des clients qui affluent

L’autre étape importante de la vie de l’entreprise fut, deux ans après, l’ouverture d’un bureau et d’un atelier : « J’ai trouvé un vieux hangar de 200 m2. C’est là que nous nous retrouvons le matin avant de partir sur les chantiers. C’est quand même mieux que d’accueillir mes gars dans le garage familial ! » Quant aux sollicitations des clients (exclusivement des propriétaires de maisons individuelles), elles n’ont pas ralenti : « On est complètement débordés. J’impose 18 mois de délais à mes clients avant d’intervenir. Il faut dire que le marché des couvreurs est très réduit actuellement, les centres de formation pour apprentis eux-mêmes peinent à recruter ». Pourquoi un tel désamour ? « On ne peut pas nier que ce soit un métier difficile : l’hiver il fait froid, l’été il fait chaud et l’automne on est souvent mouillés ! Si on se lance dans ce métier uniquement pour gagner sa croûte, c’est mieux de chercher autre chose. Il y a une certaine intensité : il faut porter des charges, monter puis démonter les échafaudages, etc. C’est une vraie vocation ».

 

Des difficultés… et un atout

Comme beaucoup de métiers du BTP, celui de couvreur est soumis aux fluctuations de la météo : « Quand il fait beau, on met les maisons « à poil » comme on dit, c’est-à-dire qu’on enlève la couverture ancienne et on la remplace. En hiver, avec les intempéries, on refait les bardages et on remplace les gouttières ». Si le fait d’être une femme a pu constituer un handicap à ses débuts, en raison de certains préjugés, c’est aujourd’hui un véritable atout sur lequel Maéva n’hésite pas à capitaliser : « Une femme couvreur, ça ne passe pas inaperçu ! Quand ils recherchent un professionnel et qu’ils voient le nom d’une femme, les gens se disent que mon travail doit être soigné et minutieux ». À en juger par son succès, la promesse n’est jamais déçue !

 

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Mis à jour le 17 juin 2021